Bruno Retailleau : « J’ai vu de mes yeux l’ensauvagement »

Ministre de l’Intérieur pendant un an et vingt et un jours, Bruno Retailleau revient pour le JDNews sur son passage à Beauvau. Désormais président à plein temps des Républicains, il appelle à rebâtir la droite autour des idées avant de désigner celui qui l’incarnera en 2027.

Que retenez-vous de votre passage à l’Intérieur – et qu’est-ce qui vous a le plus frappé ?

J’ai souvent dit que l’Intérieur était un ministère en clair-obscur, et c’est vrai : il y a la part ténébreuse – la chronique, chaque matin, de l’abominable –, et la part lumineuse, celle de ces hommes et de ces femmes qui servent l’État avec un sens du devoir exceptionnel. Ils ne travaillent pas seulement pour un salaire, mais au service d’un idéal. J’ai aussi mesuré le contraste entre cet engagement et l’affaiblissement de l’autorité dans le pays. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la submersion de la France par la violence – notamment juvénile – et l’entrisme islamiste. Deux visages d’une même faillite : celle de l’autorité.

Quand le président dénonce ceux qui “brainwashent” les Français avec le récit de l’insécurité, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Cela révèle une volonté inquiétante, chez beaucoup de progressistes, de contrôler la parole publique. Comme si décrire la réalité devenait suspecte. Or, à Beauvau, j’ai vu de mes yeux un ensauvagement pire que ce que j’imaginais. Cette violence n’est pas une somme de fait divers : c’est un fait de société, avec des causes profondes et des conséquences durables.

Si vous deviez résumer votre action à Beauvau, quel en serait le fil conducteur ?

J’ai voulu faire bouger les lignes, bousculer les conformismes, réaligner les mots, l’action et la réalité. Car la crise démocratique est aussi une crise de la parole publique : à force de minimiser les faits, d’expliquer aux Français qu’ils ne voient pas ce qu’ils voient, qu’ils ne vivent pas ce qu’ils vivent, la politique s’est discréditée. J’ai assumé de dire des évidences que plus personne n’osait dire : non, l’immigration n’est pas une chance en soi ; et oui, la naturalisation doit passer par l’assimilation.

Vous avez souvent évoqué l’Algérie. Qu’en retenez-vous ?

Nous devons défendre nos intérêts. C’est ce que les Français attendent de leurs dirigeants. Bien avant mon arrivée à Beauvau, suite à la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, la crise s’était accentuée entre nos deux pays. Pendant les JO, l’Algérie avait d’ailleurs cessé toute coopération sécuritaire alors que même la Russie avait continué à coopérer. Je rappelle également que le régime algérien a effacé le français de ses programmes scolaires, blacklisté nos entreprises, transformé notre territoire en terrain de jeu de sa politique intérieure, refusé de reprendre ses ressortissants dangereux, et emprisonné Boualem Sansal et Christophe Gleizes. Face à tout cela, il faut une ligne ferme, que j’ai défendue mais qui malheureusement n’a jamais été assumée, ni au quai d’Orsay, ni à l’Élysée. En réalité, la méthode ferme que je préconisais n’a pas été mise en place, malgré mes multiples demandes. Car la diplomatie des bons sentiments est un fiasco. Nos députés LR ont d’ailleurs voté à juste raison pour la résolution visant à dénoncer les accords de 1968 : ils offrent aux seuls immigrés algériens des privilèges qui n’ont pu lieu d’être et qui coûtent 2 milliards d’euros par an aux Français !

Quelles traces concrètes a laissées votre passage à Beauvau ?

Ma ligne n’était pas partagée à tous les étages de l’État, c’est vrai. Et sans majorité, on avance difficilement. Mais je suis parvenu à obtenir des résultats concrets. Sur le narcotrafic, par exemple, la grande loi que j’ai fait adopter produit déjà ses effets : elle permet de fermer les commerces qui trafiquent, d’expulser les trafiquants de leurs logements, d’éloigner les dealers des points de deal. J’ai aussi utilisé toutes les marges de manœuvre que m’offraient mes pouvoirs règlementaires : parce que j’ai supprimé la circulaire Valls, les régularisations ont baissé de 38 %. De même, avec les nouveaux critères d’assimilation que j’ai créés, les naturalisations ont diminué de 23 %. La France est également devenue le premier pays d’Europe pour les éloignements exécutés.

Votre départ s’est aussi joué sur la question des visas. Pourquoi était-ce pour vous une ligne rouge ?

Parce que c’était une question de cohérence et d’efficacité. Je voulais obtenir la compétence de plein exercice sur les visas. Il est impossible de reprendre le contrôle des flux migratoires si le ministère de l’Intérieur ne maîtrise que les sorties et jamais les entrées. Les éloignements sont les plus difficiles à exécuter : les personnes sont déjà sur le territoire, souvent sans papiers, parfois sans identité vérifiable. Et les laissez-passer consulaires dépendent du bon vouloir des pays étrangers. Pendant ce temps, la politique des visas reste pilotée par le Quai d’Orsay ! C’est absurde.

Vous dénoncez un système kafkaïen : à ce point ?

Oui. La France délivre à elle seule 26 % des visas en Europe, avec un nombre invraisemblable d’aberrations. Cet été, j’ai découvert que des visas étudiants avaient été accordés à des Palestiniens vraisemblablement choisis par le Hamas. J’ai vu des ambassades se féliciter d’en avoir délivré mille de plus sans aucune coordination avec l’Intérieur. Pire encore : un poste diplomatique du Sahel en a octroyé 8 000 sans en référer à personne. C’est inacceptable. D’autant qu’on fait semblant d’opposer immigration légale et illégale, alors que la plupart des situations irrégulières commencent par être parfaitement régulières : on entre avec un visa court séjour et on se maintient irrégulièrement.

Dans ces conditions, agir n’était-il pas devenu impossible ?

Pas impossible, mais très contraint. Sur les sorties, j’ai obtenu un résultat majeur : la modification de la directive « retour ». Jusqu’ici, les clandestins disposaient d’un délai de départ volontaire de 30 jours. Ils en profitaient pour disparaître.. Nous avons mis fin à cette absurdité. Il faudra désormais aller plus loin, en rétablissant le délit de séjour irrégulier. J’ai aussi négocié, au niveau européen, trois leviers de réadmission pour contraindre les pays non coopératifs à reprendre leurs ressortissants : le contingentement des visas, les droits de douane et la réduction de l’aide au développement. Mais tout cela reste de la régulation des flux. Le véritable enjeu, c’est deréduire les appels d’air. La France est l’un des pays les plus accueillants d’Europe, notamment en raison de la générosité de son modèle social. Il est urgent de supprimer l’AME pour la transformer en AMU, et d’imposer un délai de carence de plusieurs années avant qu’un étranger touche des aides sociales.

Au bout de six mois, ne vous êtes-vous pas heurté à l’impuissance du pouvoir ?

Je me le suis dit, oui, mais sans jamais renoncer. J’ai toujours cherché à obtenir des résultats malgré les obstacles. Mais sans nouveaux outils — la politique des visas, le délit de séjour, la remise en cause de certains droits automatiques —, on ne peut pas changer radicalement de politique. Et sans majorité parlementaire, on ne peut pas faire de grande loi. Je garde pourtant une conviction : il n’y a pas de fatalité. Avec la volonté politique, on peut renverser la table. La France n’est pas condamnée au chaos migratoire et sécuritaire.

Face à la réalité migratoire, parler d’assimilation n’est-ce pas devenu un vœu pieux ?

Justement : depuis combien d’années, y compris à droite, n’osait-on plus parler d’assimilation ? J’ai voulu briser ce tabou, en adressant une circulaire à tous les préfets pour rappeler que la naturalisation n’est pas un droit, mais une exigence. Le code civil est clair : « Nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française. » Si l’immigration n’est pas une chance, devenir Français en est une : et cette chance se mérite. Pour moi, on n’est pas pleinement Français par le sol ni même par le sang : on l’est par le cœur. C’est cela, le sens profond de l’assimilation. Je note que le mot même n’est plus assumé au gouvernement.

Quand vous parlez d’assimilation, à quoi faut-il assimiler ? Et n’est-il pas déjà trop tard pour retrouver une unité culturelle ?

Je ne le crois pas. Ce sera même l’un des grands enjeux de 2027 : répondre à la double aspiration des Français. D’un côté, l’aspiration matérielle — vivre dignement du fruit de son travail ; de l’autre, l’aspiration immatérielle, existentielle même: protéger nos modes de vie, transmettre une culture, poser des repères. C’est à la droite de répondre à cette double aspiration, de « réformer ce qu’il faut et conserver ce qui vaut », pour reprendre la formule de Disraeli. On nous a imposé le multiculturalisme et, en son nom, on nous a sommés de renier nos héritages. Une majorité de Français veut rompre avec cela. Chaque peuple dispose de ce droit inaliénable de persévérer dans son être collectif. La classe politique doit l’entendre et le comprendre.

Vous voulez donc aussi « réassimiler » la classe politique à la France ?

Exactement. L’assimilation, aujourd’hui, est un problème à double face. Quand certains rejettent notre mode de vie, la réponse du politique consiste trop souvent à multiplier les repentances. La haine de soi ne fait ainsi qu’alimenter la haine de l’Autre, qui refuse d’autant plus de devenir un semblable que nous présentons la France comme un contre-modèle plutôt qu’un exemple. Il ne faut donc pas s’étonner de notre échec. A cette dépossession culturelle s’ajoute la dépossession démocratique.

Que voulez-vous dire par « dépossession démocratique » ?

A l’affaiblissement du peuple comme communauté culturelle s’ajoute celui du peuple comme acteur politique. Jamais la capacité du peuple à peser sur les choix politiques et donc sur son destin n’a été autant réduite. On vote, on alterne, mais rien ne change. Parce que le système politique s’est coupée de cette volonté populaire, et que le pouvoir a toujours moins de pouvoir : il est aujourd’hui contraint par des jurisprudences qui l’empêchent d’agir. C’est l’impossibilisme que j’ai souvent dénoncé. L’Etat de droit, qui est un cadre juridique, est en train de devenir un cadre idéologique : sur l’immigration ou la sécurité, des cours font une interprétation radicale des droits individuels au détriment de la protection de la société et des aspirations de la majorité. Je suis persuadé que l’un des grands enjeux de 2027 sera de réconcilier l’Etat de droit et la démocratie, c’est-à-dire la souveraineté du peuple. Concrètement, il faudra réviser la Constitution pour élargir la possibilité de recourir au référendum par exemple. Mais cela ne suffira pas, il faudra aller plus loin. J’ai d’ailleurs lancé un groupe de travail de constitutionnalistes pour rendre à la souveraineté populaire la place qu’elle mérite.

Sur quel autre terrain faut-il renverser la table ?

L’autre mal français, c’est le social-étatisme. Nous voyons depuis trois semaines un hold-up fiscal en bande organisée, avec une chasse déclarée contre tous ceux qui créent, qui entreprennent et qui embauchent. On reconduit la vieille illusion socialiste selon laquelle l’impôt est rédempteur ! Ce choc fiscal décourage le travail et appauvrit la France. Sortir du social-étatisme, c’est dire la vérité : on ne peut pas vivre mieux en travaillant moins. Les Français travaillent trois ans de moins que leurs voisins européens ; ils produisent donc moins. Le résultat est là, sous nos yeux, avec l’appauvrissement des Français : ¼ d’entre eux ont leur compte bancaire dans le rouge dès le 16 du mois. Pour masquer cet appauvrissement, l’Etat a distribué des chèques en bois et la dette a explosé, au point que dans deux ans, la totalité des recettes de l’impôt sur le revenu sera dévoré par le seul paiement de l’intérêt de la dette !

Comment sortir concrètement de ce modèle d’État-providence devenu obèse ?

En changeant de logiciel. L’État doit se reconcentrer sur ses missions essentielles et cesser de se dilater dans tous les domaines. Nous avons une fonction publique pléthorique et mal payée : l’intelligence artificielle doit permettre de gagner 7 à 8 % de productivité. Il faudra saisir l’occasion : 400 000 fonctionnaires partiront à la retraite dans les 10 ans ; on ne les remplacera pas tous. Il faut aussi revoir le statut : développer le contrat de droit privé, aligner le temps de travail public-privé, notamment dans les collectivités où certains sont encore loin des 35 heures. L’État obèse est devenu impotent. Son périmètre doit être réduit, son efficacité accrue.

Un État plus mince, soit — mais que devient l’État social ?

Il faut réformer en profondeur l’État social. Les retraites ? Introduire une part de capitalisation pour garantir le niveau des pensions. La dépendance ? Créer un modèle assurantiel, obligatoire mais solidaire, dès 30 ans, pour financer l’autonomie. La santé ? Sortir de la bureaucratie hospitalière: redonner la main aux médecins, au terrain, favoriser la coopération public-privé. Même chose pour l’assurance-chômage : réaligner nos critères sur les standards européens, tant pour la durée que pour les conditions d’indemnisation. L’idée, partout, c’est de privilégier la responsabilité sur l’assistanat. C’est ce que portent nos députés à l’Assemblée nationale, et c’est ce que nous porterons au Sénat.

Et du côté du travail, quelles réformes prioritaires ?

Le cœur du sujet, c’est de réconcilier compétitivité et pouvoir d’achat. En France, le travail paie mal. Pour plus des deux tiers des Français, quand ils ont une augmentation, ils donnent plus qu’ils ne reçoivent. Je proposerai un seuil de «zéro charges» : au-delà d’un certain revenu annuel, plus de cotisations ni pour le salarié, ni pour l’employeur. Ce qui est gagné, c’est du net. Ce système redonnerait de l’air aux classes moyennes, renforcerait l’attractivité du travail et la compétitivité des entreprises. C’est un moyen simple de récompenser l’effort plutôt que la rente.

Vous revenez souvent sur la productivité, un mot presque tabou en politique. Pourquoi ?

Parce que tout en découle ! C’est la productivité qui crée les salaires et la prospérité. Or la France décroche : depuis 2019, elle stagne, et le fossé avec les États-Unis vient presque entièrement de là. Relancer la productivité, c’est libérer les énergies : moins de normes, moins d’impôts, plus de formation et de recherche. Sans ce sursaut, il n’y aura pas de redressement. Notre doctrine est simple : travailler plus, dépenser mieux, produire à nouveau. Il faut retrouver le goût de l’effort, de l’innovation, de l’audace, de la liberté en somme.

Ces désaccords économiques ont-ils pesé dans votre décision de quitter le gouvernement ?

Évidemment. La suspension de la réforme des retraites, c’est une faute politique et économique majeure. Désormais, cette abdication fragilisera toute réforme courageuse mais nécessaire. Ce budget est la résurgence des vieilles lunes socialistes : une logique de rancune, presque de revanche, comme si la réussite des uns expliquait la pauvreté des autres. C’est un budget de punition, qui décourage ceux qui entreprennent, investissent et créent de l’emploi. Chaque succès y devient suspect, chaque réussite, coupable. Si j’avais encore été au banc des ministres le jour de la déclaration de politique générale du Premier ministre, j’aurais démissionné dans l’heure. Je le redis : en l’état, ce budget est invotable.

Vous êtes à un carrefour : ministre sortant, chef de parti, figure d’ordre. Quelle est la suite pour vous ?

On ne gagne pas dans les urnes sans d’abord gagner dans les esprits. Mon passage à l’Intérieur m’a permis d’identifier les blocages à lever — juridiques, économiques et culturels. Je veux forger et porter un projet puissant de redressement, qui réponde aux aspirations de la majorité nationale, qui est large. On croit parfois que l’électorat de gauche rejette l’autorité ou la réussite : c’est faux. Beaucoup partagent aujourd’hui ces valeurs. Je veux rassembler tous les patriotes sincères, qui croient encore à la France.

Votre départ a pris tout le monde de court. Qu’est-ce qui, concrètement, a provoqué la rupture ?

Je ne suis pas parti sur un coup de tête mais sur un désaccord de fond : alors que le Président de la République avait perdu les élections législatives, il reprenait la main sur Matignon, et l’orientation politique était claire : privilégier un accord avec la gauche. La suite a montré que j’avais raison car pour durer quelques mois, Sébastien Lecornu a tout lâché aux socialistes : l’abandon du 49,3, la suspension de la réforme des retraites, la foire aux taxes… J’étais entré au gouvernement, aux côtés de Michel Barnier, pour faire barrage à la gauche, pas pour faire sa politique. Donc je n’ai aucun regret.

D’autres affirment que c’était une querelle personnelle. Que leur répondez-vous ?

L’arrivée de Bruno Le Maire, co-responsable du « quoi qu’il en coûte » et de ses mille milliards d’euros, symbolise pour moi la déconnexion totale du pouvoir. Au moment même où l’on demandait des efforts aux Français, le gouvernement se resserrait sur une base purement macroniste, en rupture avec le vote législatif. Depuis des semaines, j’essayais de négocier une feuille de route claire, assumée, à droite. Mais le choix a été fait : parier sur la gauche, pas sur la droite. C’est là que tout s’est joué.

Et maintenant ? Quelle feuille de route vous fixez-vous ?

Reconstruire, patiemment et solidement. Trois rendez-vous nous attendent : les municipales, les sénatoriales et, bien sûr, la présidentielle. L’enjeu, c’est de rebâtir une base programmatique claire, enracinée dans les attentes des Français, pour qu’en 2027 la droite puisse à nouveau gagner et gouverner. Ma boussole, ce sont les idées, le fond et le temps long.

Les idées d’abord, puis la personne pour les incarner : comment ce choix se fera-t-il ?

Deux voies sont possibles. Soit une sélection naturelle impose une candidature — le temps, les sondages, la dynamique d’un candidat —, c’est l’idéal, mais c’est rare. Sinon, ce seront nos adhérents qui décideront. Les nouveaux statuts, adoptés à 97 %, leur en donnent le droit.
Dans les semaines à venir, j’engagerai la consultation de nos élus et de nos militants pour définir la méthode. Mon objectif est clair : qu’en 2027, la droite présente son candidat, soutenu par une base unie et un projet solide et crédible.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

L’article Bruno Retailleau : « J’ai vu de mes yeux l’ensauvagement » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Antoine Vermorel-Marques : « Nous demandons la suspension de la plateforme Shein »

Antoine Vermorel-Marques, vice-président de notre mouvement et député de la Loire, était l’invité de France Inter.

Il est revenu sur la vente des produits illégaux sur la plateforme de commerce en ligne Shein et leur convocation devant une mission parlementaire d’information.

#SHEIN a été condamnée par la CNIL, la DGCCRF, et vend maintenant des produits pédopornographiques
Aujourd’hui, nous demandons au gouvernement de prendre des mesures allant jusqu’à la suspension au moins temporaire du site.
Nous l’avons fait avec Wish en 2021, nous pouvons le… pic.twitter.com/md6RIKXH1v

— Antoine Vermorel-Marques (@antoinevermorel) November 5, 2025

Les dirigeants de Shein sont convoqués le 18 novembre par la mission parlementaire d’information révèle Antoine Vermorel-Marques, député LR de la Loire.#le57inter pic.twitter.com/npi0sYK2di

— France Inter (@franceinter) November 5, 2025

L’article Antoine Vermorel-Marques : « Nous demandons la suspension de la plateforme Shein » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Nos députés et sénateurs interrogent le gouvernement

Ce mardi après-midi, lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, un député du groupe Droite Républicaine a interpellé l’exécutif.

Fabien Di Filippo, député de Moselle, a interrogé la ministre de l’Action et des Comptes publics sur le budget 2026.

#PLF2026 | “Le vote de 40 Mds d’impôts nouveaux sur les ménages mais surtout sur les entreprises […] est inacceptable” dénonce @FabienDiFilippo (DR).
Il appelle le Gvt à refuser la “folie du matraquage fiscal” et à soutenir ses “propositions d’économies fortes”. #DirectAN #QAG pic.twitter.com/0Cp11Y0OpZ

— Assemblée nationale (@AssembleeNat) November 4, 2025

L’article Nos députés et sénateurs interrogent le gouvernement est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

François-Xavier Bellamy : « La seule question qui compte : comment pouvons-nous baisser nos impôts et nos dépenses ? »

François-Xavier Bellamy, vice-président délégué de notre mouvement, député européen et président de la délégation française du groupe PPE au Parlement européen, était l’invité de Public Sénat.

Il est revenu sur le budget 2026, la suspension de la réforme des retraites, le découvert bancaire, l’élection présidentielle de 2027 et les élections municipales de 2026.

Budget 2026 : “Ce qui se joue aujourd’hui à l’Assemblée nationale, c’est la résistance désespérée de nos collègues républicains contre la folie fiscale”, regrette le député européen @fxbellamy (LR).#BonjourChezVous pic.twitter.com/nXXfN344jq

— Public Sénat (@publicsenat) November 4, 2025

La seule question qui compte : comment pouvons-nous baisser nos impôts et nos dépenses ?
Nous sommes le pays de l’OCDE où la pression fiscale est la plus étouffante et, à l’exception des députés @lesrepublicains, personne n’a proposé de baisses d’impôts dans le débat budgétaire.… pic.twitter.com/MkJs34AFdn

— Fx Bellamy (@fxbellamy) November 4, 2025

.@fxbellamy : “Qu’on soit les seuls en Europe à ramener l’âge de la retraite à 62 ans, ce serait une folie furieuse !”#BonjourChezVous pic.twitter.com/JNU1ncjY6K

— Public Sénat (@publicsenat) November 4, 2025

.@fxbellamy : “Qu’on soit les seuls en Europe à ramener l’âge de la retraite à 62 ans, ce serait une folie furieuse !”#BonjourChezVous pic.twitter.com/JNU1ncjY6K

— Public Sénat (@publicsenat) November 4, 2025

Présidentielle 2027 : “Le macronisme a échoué. Nous avons alerté depuis 2017 sur le fait que le macronisme était une impasse pour la France”, déclare @fxbellamy (LR) qui rejette l’idée d’une candidature commune avec le bloc central. #BonjourChezVous pic.twitter.com/8m7OWVpjII

— Public Sénat (@publicsenat) November 4, 2025

Municipales 2026 : “Aux élections municipales, on a un seul objectif (…) tout pour sortir la gauche”, assure le député européen @fxbellamy (LR) qui assume de soutenir des candidats en commun avec le bloc central. #BonjourChezVous pic.twitter.com/IrBkPrkmce

— Public Sénat (@publicsenat) November 4, 2025

L’article François-Xavier Bellamy : « La seule question qui compte : comment pouvons-nous baisser nos impôts et nos dépenses ? » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Guillaume Larrivé : « La nef des fous »

Des trésors que n’ont pas volés les montes-en-l’air du Louvre, le tableau de Jérôme Bosch, vieux de plus de cinq siècles, est peut-être celui qui dépeint le mieux la situation politique de la France contemporaine. Comme dans La nef des fous, de pauvres hères sont embarqués sur un esquif sans voile ni gouvernail. Un rire mauvais s’en empare. Bientôt, si la France continue à s’abandonner, on n’entendra plus que le ricanement des désespérés.

Voilà longtemps que nous étions prévenus. Car ce n’est pas hier matin seulement que le pouvoir politique a abdiqué, en se contentant de faire semblant d’exister. Notre pays décroché depuis le début du siècle, c’est-à-dire depuis au moins une génération, à mesure que les gouvernants se sont globalement vautrés dans l’impuissance, faute de traiter avec constance les causes du malheur français. Celles-ci, pourtant, sont bien connues.

D’abord, l’obésité de l’Etat social a été payée à crédit, dans une proportion si forte que la dépendance financière est devenue l’ennemie de la souveraineté. Car le social-étatisme est un mendiant vindicatif qui affaiblit les facteurs de production, les accable d’impôts, obère l’investissement et détruit l’innovation.

Cette déchéance, en outre, empêche nos médiocres émissaires, dans les instances européennes et ailleurs, de défendre sérieusement nos intérêts en assumant vigoureusement un rapport de forces dont ils sont désormais incapables : dans la novlangue de ce qui reste du Quai d’Orsay, on cherche des « affinitaires » et on pratique des « bougés », sans avouer que l’on capitule chaque jour devant plus fort que soi.

Parallèlement, l’idéologie de l’Etat de droit a abîmé le droit de l’Etat, au point que l’impossibilisme juridique en est venu à annihiler le volontarisme politique. Tandis que nos libertés sont chaque jour entravées par des normes paralysantes, qui sont frénétiquement inventées à Paris ou lâchement consenties à Bruxelles, le coeur régalien de l’Etat est atrophié par des jurisprudences incapacitantes, qui empêchent de respecter les frontières et de réprimer le crime.

Impuissance. Et comme si l’impuissance publique n’était pas assez installée au sein des institutions politiques, la délibération et la décision démocratiques sont elles-mêmes fragilisées par ce que devient la communauté des citoyens.

D’une part, l’accélération d’une immigration non assimilée, très éloignée de notre civilisation judéo-chrétienne et laïcisée, mais néanmoins juridiquement admise dans la nationalité française, modifie substantiellement les contours du corps électoral.

D’autre part, l’effondrement de l’éducation nationale prépare des individus diminués, qui seront des citoyens peu éclairés : privés de la culture générale qui seule permet le discernement, envahis par des écrans hypnotiques, quand ils ne sont pas décervelés par la toxicomanie ou manipulés par l’islamo-gauchisme, ils seront pourtant appelés à voter dans les années qui viennent.

Ce paysage dévasté s’est encore aggravé cet automne, tandis que le sixième président de la Ve République a dû afronter l’épreuve infamante du cachot. J’étais à ses côtés, au petit matin du 21 octobre, parmi les amis rassemblés alors qu’il partait pour la Santé. On aurait tort de sous-estimer la force dévastatrice d’un tel évènement, aux relents régicides.

Au-delà même de la violence subie par un homme, et de la dignité sans pareille dont Nicolas Sarkozy fait montre, il est bouleversant que l’Etat embastille ainsi celui qui fut son chef et qui, au regard du jugement de l’histoire, ne mérite en rien l’ignominie qui le frappe.

Dissimulation cynique. Comment ne pas voir que, jour après jour, nos institutions se craquellent ? La nef des fous s’emplit et déborde. Si des fantoches gigotent encore sur la scène politique, ils ne font que bredouiller des mots dénués de sens. De ce point de vue, la déclaration de politique générale prononcée le 14 octobre par le Premier ministre a été spectaculaire. Non sans un certain talent dans la dissimulation cynique, Sébastien Lecornu n’a pas rougi en osant citer Michel Debré – et le fameux discours d’août 1958 présentant les fondements constitutionnels de la Ve République – au moment même où il en abjurait les principes et renouait avec ce que Tardieu, au temps de la IIIe agonisante, dénonçait comme « la politique du chien crevé qui suit le fil de l’eau ».

Sous les grands airs du « sens de l’Etat », les excellences ministérielles peinent à dissimuler ce qui n’est qu’un petit intérêt de carrière. Quant à la « stabilité » promise et tant vantée, c’est le mot poli qui travestit l’obsession de ne surtout pas revenir devant le suffrage universel au motif que le peuple pourrait mal voter.

C’est ainsi, sans vergogne, que le premier secrétaire du Parti socialiste a été intronisé comme une sorte de vice-président du Conseil : Olivier Faure dicte désormais à Matignon les chiffres et les lettres du chéquier de la non-censure. Puisque l’article 49 alinéa 3 a été rangé au grenier, les lubies du PS sont les nouvelles tables de la loi.

Tout se passe comme si le projet ultime du post-macronisme à l’agonie était de faire advenir le socialisme dans un seul pays, qui se trouve malheureusement être le nôtre. Chacun l’a bien compris pour ce qui concerne l’économie et les finances : le lâche abandon de la réforme des retraites et la délirante créativité fiscale du Palais Bourbon feront bientôt passer le gouvernement Mauroy de 1981 pour un parangon de libéralisme à tendance austéritaire.

Mais le renoncement est tout aussi tragique au plan régalien. La vérité est que, sous l’apparence d’un technicien de la chose policière et préfectorale, le socialisme le plus classique (et qui n’est pas le moins sectaire) a repris ses quartiers Place Beauvau. Je puis personnellement en témoigner, puisque j’ai choisi de démissionner de la présidence de l’Office français de l’immigration afin de ne pas être complice d’une politique immigrationniste que je crois profondément contraire à l’intérêt national.

Aucune rupture avec le carcan juridique et diplomatique qui empêche la France de réduire l’immigration ne sera décidée. Aucun effort opérationnel sérieux ne pourra être engagé pour baisser drastiquement le nombre de visas et augmenter significativement celui des expulsions. Aucune réforme rigoureuse (AME, conditionnalité des aides sociales…) ne sera conduite. Par conséquent, ce gouvernement d’abandon ne fera qu’aggraver le chaos migratoire.

Tout cela sera sanctionné par le peuple français, peut-être plus vite qu’on ne le pense, car la majorité nationale est à droite. Dans les quelques mois qui viennent, saurons-nous préparer sérieusement l’après-Macron, sans céder à l’illusion facile d’un nouveau Prince, mais en restaurant un pouvoir légitime et capable d’action ? J’aimerais encore croire que, dans le tréfonds de notre vieux pays, il reste suffisamment de bon sens et d’espérance pour nous libérer de la nef des fous.

>> Lire la tribune sur l’Opinion.fr

L’article Guillaume Larrivé : « La nef des fous » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Face à l’Algérie, un vote de fermeté

Je me félicite que l’Assemblée nationale ait aujourd’hui adopté une résolution pour dénoncer les accords de 1968.

Fidèles à leurs convictions, les députés Les Républicains ont naturellement soutenu ce texte, conforme à ce que nous avons toujours demandé et à ce que je n’ai cessé d’affirmer au ministère de l’Intérieur : avec l’Algérie, la diplomatie des bons sentiments a échoué et les privilèges accordés aux immigrés algériens n’ont plus lieu d’être.

Le président de la République, qui a choisi de sen remettre à la démocratie parlementaire pour sortir de la crise politique, ne peut ignorer ce vote : l’Assemblée nationale s’est prononcée, Emmanuel Macron doit donc assumer la fermeté avec
l’Algérie
.

Nos députés ont également voté pour la proposition de loi visant à rétablir le délit de séjour irrégulier, pour lutter plus efficacement contre l’immigration illégale et envoyer un signal clair: les clandestins ne sont pas les bienvenus en France. Malheureusement, cette mesure de bon sens n’a pu être adoptée.

La droite ne cédera rien à la gauche : l’immigration n’est pas une chance car elle aggrave tous les désordres sécuritaires, sociaux et budgétaires que subit aujourd’hui notre pays. C’est notre conviction et celle d’une immense majorité de Français qui réclame moins d’immigration.

Bruno RETAILLEAU
Président des Républicains

L’article Face à l’Algérie, un vote de fermeté est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Bruno Retailleau : « Le budget est encore moins votable qu’hier »

Bruno Retailleau, président de notre mouvement, était l’invité de RTL.

Il est revenu sur le budget 2026, un possible retour aux urnes, le refus de l’union des droites et la présidentielle 2027.

“Un budget encore moins votable qu’hier : une folie fiscale quasiment sans précédent”@BrunoRetailleau dans #RTLMatin avec @ThomasSotto pic.twitter.com/Lo6wuunxY1

— RTL France (@RTLFrance) October 29, 2025

“Le PS a pris le contrôle du gouvernement”@BrunoRetailleau dans #RTLMatin avec @ThomasSotto pic.twitter.com/uu2x7nBYUA

— RTL France (@RTLFrance) October 29, 2025

“Un budget encore moins votable qu’hier : une folie fiscale quasiment sans précédent”@BrunoRetailleau dans #RTLMatin avec @ThomasSotto pic.twitter.com/Lo6wuunxY1

— RTL France (@RTLFrance) October 29, 2025

“Je suis contre l’union des appareils, je suis pour l’union des électeurs de droite”@BrunoRetailleau dans #RTLMatin avec @ThomasSotto pic.twitter.com/0nM7PFh3sB

— RTL France (@RTLFrance) October 29, 2025

Présidentielle 2027 : “On ne doit pas nationaliser les municipales, mais avant l’été prochain, il faudra afficher un candidat. Moi ou d’autres, je ne l’exclus pas”@BrunoRetailleau, président du parti Les Républicains, invité de @ThomasSotto dans #RTLMatin pic.twitter.com/HvyDKP8mnN

— RTL France (@RTLFrance) October 29, 2025

L’article Bruno Retailleau : « Le budget est encore moins votable qu’hier » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Nos députés et sénateurs interrogent le gouvernement

Ce mardi après-midi, lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, un député du groupe Droite Républicaine a interpellé l’exécutif.

Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, a interrogé le ministre du Travail et des Solidarités sur la lutte contre les fraudes sociales et fiscales.

PJL “intensifier la lutte contre les fraudes sociales & fiscales” | @patrickhetzel (DR) interroge le Gvt sur les priorités du texte & appelle à y intégrer des dispositions “sans demi-mesures”.
“C’est une question de justice pour la France qui travaille” ajoute-t-il#DirectAN #QAG pic.twitter.com/DMlexeAtHn

— Assemblée nationale (@AssembleeNat) October 28, 2025

L’article Nos députés et sénateurs interrogent le gouvernement est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

François-Xavier Bellamy : « Pour nous la clé c’est de réussir à sortir ce pays de la crise »

François-Xavier Bellamy, vice-président délégué de notre mouvement, député européen et président de la délégation française du groupe PPE au Parlement européen, était l’invité de TF1.

Il est revenu sur le budget, la suspension de la réforme des retraites, le départ de Bruno Retailleau du gouvernement et la valorisation du travail.

Dans le débat budgétaire à haut risque qui se poursuit, les députés LR sont les seuls à défendre la France qui travaille, et à faire barrage à la folie fiscale voulue par les socialistes. Ils ont obtenu la défiscalisation des heures supplémentaires et empêché l’augmentation de… pic.twitter.com/rlJWztIqJ9

— Fx Bellamy (@fxbellamy) October 27, 2025

Dans cette confusion politique, la seule chose qui doit nous guider est l’intérêt du pays. En abrogeant la réforme des retraites, nous laisserions une dette sans précédent qui compromettrait l’avenir de nos enfants. Un compromis ne peut se trouver qu’en prenant en compte les… pic.twitter.com/dI1SG1xE5U

— Fx Bellamy (@fxbellamy) October 27, 2025

Bruno Retailleau en quittant le gouvernement “n’a pas perdu ses nerfs”, assure @fxbellamy. “La vérité c’est que la suite lui a donné totalement raison”.

#EnTouteFranchise avec @SehlaBougriou pic.twitter.com/PFCJZUSn0N

— TF1Info (@TF1Info) October 27, 2025

“Nous serons la voix de tous ces Français qui veulent retrouver du pouvoir d’achat, que le travail paie” : @fxbellamy.

#EnTouteFranchise avec @SehlaBougriou pic.twitter.com/zeDUf0ZTLP

— TF1Info (@TF1Info) October 27, 2025

L’article François-Xavier Bellamy : « Pour nous la clé c’est de réussir à sortir ce pays de la crise » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +

Alexandra Borchio Fontimp : « Pour une France qui transmet »

L’élue des Alpes-Maritimes et porte-parole des LR s’oppose à la proposition de Yaël Braun-Pivet, sur France 2, de taxer davantage les « héritages en rebond qui passent de génération en génération ».

Alors que revient avec insistance la question d’un nouvel alourdissement de la fiscalité sur les héritages, il importe de rappeler ce que signifie réellement transmettre ; non pas seulement un bien, mais une mémoire, un effort, une continuité. Régulièrement, le débat public ressurgit en opposant, de manière démesurée, le bien commun à la richesse privée.

Pourtant, l’un et l’autre ne s’excluent pas : chaque réussite individuelle peut porter en germe un progrès collectif, une part de beauté ou de culture offerte à tous. Le bien commun s’enracine dans la responsabilité personnelle, le goût de l’effort, la volonté de bâtir pour transmettre. Préserver l’héritage, c’est préserver la cohésion de la cité, ce fil invisible qui relie ceux qui ont édifié à ceux qui édifieront à leur tour ; un trait d’union entre les générations, une trace du passage, une mémoire partagée.

L’héritage, « une mémoire, un symbole »

La sagesse d’un pays se reconnaît à la manière dont il traite ce qui a été patiemment bâti. Dans les périodes où vacille l’équilibre budgétaire, la tentation grandit de considérer l’héritage comme une simple réserve de ressources. Mais la solidité d’une nation ne se mesure pas à sa capacité à alourdir l’effort passé. Elle se juge à son respect pour le travail accumulé, pour la patience des bâtisseurs, pour le temps long des existences qui s’additionnent. S’attaquer à la transmission, c’est méconnaître qu’elle est d’abord un acte de confiance entre les âges, un serment silencieux de continuité.

L’héritage, en France, dépasse la valeur comptable des biens. Il incarne une mémoire, un symbole, souvent le fruit d’une vie de labeur discret. Il réside dans la maison qu’un grand-père a construite pierre après pierre, dans le commerce qu’une mère a tenu avec constance, dans les économies patiemment réunies pour offrir à ses enfants une stabilité que l’on espère durable.

Au-delà du patrimoine matériel, il exprime un héritage moral : celui du courage, de la persévérance et du sentiment d’appartenir à une histoire plus vaste que soi. Accroître la charge qui pèse sur ces transmissions reviendrait à affaiblir la valeur morale du travail et à rompre le fil de la continuité familiale.

Notre pays compte déjà parmi ceux où la succession est la plus lourdement imposée. Selon le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires publie en décembre 2023, la France détient le record des prélèvements sur successions et donations parmi 39 Etats de l’OCDE et de l’Union européenne : 0,74 % du PIB. Là où d’autres nations protègent la transmission familiale, la nôtre semble parfois la suspecter, comme si la prévoyance devenait faute et la réussite, soupçon.

Or le patrimoine transmis n’est jamais un miracle soudain : il naît de l’effort, du renoncement et du temps. L’héritage ne constitue pas un gain, mais la trace d’une vie déjà donnée. L’alourdir reviendrait à imposer plusieurs fois le même travail, à effacer peu à peu la signification même du mot transmission, et, avec elle, l’idée que la prévoyance et la constance méritent reconnaissance.

Protéger la transmission ne revient pas à refuser la solidarité nationale, mais à lui rendre son équilibre. La propriété issue de l’effort et du mérite demeure un espace de liberté et de responsabilité, un terrain d’ancrage pour les familles, un lien vivant entre passé et avenir.

À travers la fidélité aux héritages, c’est une certaine idée de la France qui s’exprime : celle d’un pays où l’on travaille non pour soi seul, mais pour ceux qui suivront. Une vision plus confiante de la transmission s’impose. Elle invite à voir dans l’héritage non une anomalie à corriger, mais une richesse à préserver. La continuité familiale, loin de contredire la justice sociale, en prolonge l’esprit : elle enseigne la responsabilité, le respect du temps et la gratitude envers ceux qui ont précédé. Le bien commun se nourrit de cette confiance dans la durée.

Préserver le patrimoine, c’est honorer la mémoire du travail, la dignité de l’effort et la constance des générations. Les fruits d’une vie ne devraient pas se dissoudre dans les aléas de la conjoncture. Un pays se renforce non en affaiblissant ceux qui bâtissent, mais en leur donnant les moyens de transmettre. Redonner à l’héritage la place qu’il mérite, c’est renouer avec la France des bâtisseurs, celle qui fait du lien entre les générations la plus belle expression de sa justice et de sa force.

>> Lire la tribune sur LaTribune.fr

L’article Alexandra Borchio Fontimp : « Pour une France qui transmet » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
#thegov_button_6a3dce202686a { color: rgba(255,255,255,1); }#thegov_button_6a3dce202686a:hover { color: rgba(238,49,36,1); }#thegov_button_6a3dce202686a { border-color: rgba(238,49,36,1); background-color: rgba(238,49,36,1); }#thegov_button_6a3dce202686a:hover { border-color: rgba(238,49,36,1); background-color: rgba(255,255,255,1); } Aller au contenu principal