Xavier Bertrand : « Valérie Pécresse est une candidate de convictions »

Xavier Bertrand : « Valérie Pécresse est une candidate de convictions »

Xavier Bertrand, conseiller de Valérie Pécresse, président de la région des Hauts-de-France, était l’invité d’Europe 1.

Il est revenu sur l’immigration, le programme de Valérie Pécresse, l’échec du gouvernement en matière de sécurité et le scandale des EHPAD.

Xavier Bertrand sur le “grand remplacement” : “Ça n’est pas une réalité, et ce ne sera pas le cas (…) Il y a les extrémistes d’un côté et les laxistes de l’autre (…) Nous sommes les seuls à le proposer : mettre en place une politique de quotas migratoires”#Europe1 pic.twitter.com/yJI68B3TWS

— Europe 1 (@Europe1) February 15, 2022

Xavier Bertrand : “Le quinquennat qui s’ouvre devra être le quinquennat des classes moyennes”#Europe1 pic.twitter.com/BgvOwPsHOV

— Europe 1 (@Europe1) February 15, 2022

Xavier Bertrand : “En matière de sécurité, rien n’a été fait. C’est un échec sans précédent”#Europe1 pic.twitter.com/Wh6B8QIUe1

— Europe 1 (@Europe1) February 15, 2022

Xavier Bertrand sur le scandale Orpea : “Je réfute tout en bloc”#Europe1 pic.twitter.com/ku5nVFgFxo

— Europe 1 (@Europe1) February 15, 2022

L’article Xavier Bertrand : « Valérie Pécresse est une candidate de convictions » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Le passe vaccinal doit être levé maintenant et non pas juste avant le premier tour !

Le passe vaccinal doit être levé maintenant et non pas juste avant le premier tour !

Dans une tribune collective, vingt sénateurs LR appellent à la suspension immédiate du passe vaccinal. Selon eux, rien ne justifie plus le maintien en vigueur de ce dispositif hormis un calcul politique.

Il ne s’agit plus de la gestion sanitaire de la crise, mais d’une stratégie politique. Après avoir mis les Français en liberté surveillée, le gouvernement voudrait être celui qui les libère, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle. La ficelle est un peu grosse.

Avec 300.000 contaminations officielles par jour, c’est-à-dire sans doute plus de 500.000 en réalité, ce passe vaccinal n’a aucun sens. Il n’a jamais été nécessaire. Si l’objectif du gouvernement était de limiter la circulation du virus dans des lieux précis, un test négatif serait bien plus efficace qu’une preuve de vaccination, puisque ni deux, ni trois, ni quatre doses n’empêchent d’être contaminé et contagieux.

En outre, la stratégie du «tout vaccinal», comme le démontrent le médecin Gérald Kierzek et même l’Organisation mondiale de la santé, est une erreur stratégique ; généraliser le vaccin et laisser croire qu’il va nous sortir de la pandémie est une gageure.

Le passe vaccinal se révèle même contreproductif en donnant le sentiment à nos compatriotes d’être protégés, les incitant à abandonner les gestes barrières.

Et c’est une chimère de croire que les réticents à la vaccination d’hier seront les convaincus de demain.

Les pouvoirs publics auraient dû saisir l’avantage du variant Omicron, plus contagieux mais moins susceptible de donner des formes sévères, pour concentrer leurs efforts sur les populations fragiles. Le bon sens a laissé la place aux calculs politiques voire politiciens, aux détriments des libertés des Français.

Le passe vaccinal a d’autant moins de justifications que l’engorgement de l’hôpital n’est plus seulement le fait du Covid-19. Une étude de l’AP-HP publiée en janvier dernier met en lumière que, parmi les patients en hospitalisation conventionnelle pour une durée inférieure à une journée, 43 % sont infectés par Omicron, contre 19 % par le variant Delta. Cette étude montre de surcroît que la part des patients infectés par Omicron hospitalisés en soins critiques est bien moindre que les patients infectés par Delta. Aujourd’hui, malgré des contaminations quotidiennes presque dix fois supérieures aux précédentes vagues, le taux d’occupation des lits de réanimation reste en deçà des 70 %. Les efforts du gouvernement auraient donc dû se concentrer sur le renforcement structurel des moyens de l’hôpital afin d’en finir avec la crise sanitaire. Mais les enseignements de deux années de crise n’ont pas été tirés. Pire, l’affaiblissement du secteur hospitalier s’est accentué: selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé, sur la seule année 2020, ce sont 4 389 lits d’hospitalisation qui ont été fermés.

Redonner la liberté aux Français

Enfin, il ne faut pas négliger les conséquences de l’épidémie sur l’éducation et la santé mentale de nos enfants. De nombreux spécialistes, dont les orthophonistes du Collectif national des orthophonistes de France, ont mis en lumière les effets nocifs du port du masque sur les apprentissages du langage, de la lecture et sur le comportement des enfants. La balance bénéfice-risque n’était manifestement pas en faveur de l’application du port du masque à l’école. De surcroît, les conséquences de la vaccination des plus jeunes sont plus qu’incertaines. Les justifications scientifiques qui ont conduit le gouvernement à autoriser la vaccination des enfants de moins de 11 ans sont floues, alors que ces derniers ne sont pas sujets aux formes graves du virus et participent à l’immunité naturelle.

Le principe de précaution, pourtant invoqué avec gourmandise dans de nombreux domaines, doit être appliqué aux plus jeunes. Il est donc urgent de redonner la liberté aux Français, avant que le pays ne replonge à nouveau dans le désordre.

Il faut certes rester vigilant à l’égard des personnes à risque, dont certaines ne sont pas vaccinées et ne se vaccineront pas malgré les mesures gouvernementales. Mais les Français, dans leur immense majorité, ne supportent plus toutes ces privations de liberté, alors qu’ils continuent au quotidien de constater les incohérences de la gestion sanitaire de la pandémie.

Le gouvernement doit arrêter d’«emmerder les Français» avec des mesures politiciennes dissimulées derrière des prétextes sanitaires. Dans leur immense majorité, nos compatriotes ont fait preuve de responsabilité et d’abnégation, en accompagnant et en respectant les mesures gouvernementales. Mais trop, c’est trop! Ils n’en peuvent plus.

Le Sénat, temple des libertés publiques, se doit de faire entendre leur voix. Nous demandons donc, comme le font des pays de plus en plus nombreux, à l’image du Danemark et du Royaume-Uni, la levée sans délai du passe vaccinal.

Étienne Blanc, sénateur du Rhône
Christine Bonfanti-Dossat, sénatrice du Lot-et-Garonne
Sabine Drexler, sénatrice du Haut-Rhin
Laurent Duplomb, sénateur de la Haute-Loire
Christophe-André Frassa, sénateur représentant les Français établis hors de France
Sylvie Goy-Chavent, sénatrice de l’Ain
Alain Houpert, sénateur de la Côte-d’Or
Alain Joyandet, sénateur de la Haute-Saône
Muriel Jourda, sénatrice du Morbihan
Daniel Laurent, sénateur de la Charente-Maritime
Vivette Lopez, sénatrice du Gard
Sébastien Meurant, sénateur du Val-d’Oise
Laurence Muller-Bronn, sénatrice du Bas-Rhin
Sylviane Noël, sénatrice de la Haute-Savoie
Cyril Pellevat, sénateur de la Haute-Savoie
Phillipe Pemezec, sénateur des Hauts-de-Seine
Annick Petrus, sénatrice de Saint-Martin
Kristina Pluchet, sénatrice de l’Eure
Damien Regnard, sénateur représentant les Français établis hors de France
André Reichardt, sénateur du Bas-Rhin

>> lire la tribune sur LeFigaro.fr

L’article Le passe vaccinal doit être levé maintenant et non pas juste avant le premier tour ! est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Valérie Pécresse : « Moi, je suis une faiseuse ! »

Valérie Pécresse : « Moi, je suis une faiseuse ! »

Valérie Pécresse, notre candidate à l’élection présidentielle, était l’invitée de RTL.

Elle est revenue sur son programme, la lutte contre l’islamisme au Mali, le déclassement de la France et la laïcité.

Si vous voulez des orateurs, il y en a plein dans la campagne.

Le sujet aujourd’hui c’est qu’est ce qu’on veut pour la France ? Des beaux parleurs qu’on a déjà eu depuis 10 ans ou quelqu’un qui va faire ? Moi je suis une faiseuse ! #NouvelleFrance #Pecresse2022 pic.twitter.com/HonBMCod3o

— Valérie Pécresse (@vpecresse) February 14, 2022

Il n’est pas question de quitter le Sahel parce qu’au Sahel nous sommes engagés pour lutter contre l’islamisme. Ce combat n’est pas terminé.

La junte malienne doit clarifier sa positon car on ne peut pas payer le prix du sang pour un pays qui ne veut pas de nous. #Pecresse2022 pic.twitter.com/wGbPd21s47

— Valérie Pécresse (@vpecresse) February 14, 2022

J’ai toujours répété que je ne me résignais “ni au grand remplacement ni au grand déclassement” ce qui signifie que je ne me résigne pas à ces théories d’extrême-droite : c’est ce que j’ai toujours dit et tout le monde me fait dire le contraire. #Pécresse2022 #NouvelleFrance pic.twitter.com/EBfJ4plQup

— Valérie Pécresse (@vpecresse) February 14, 2022

“Quand je me suis battue pour l’interdiction de la burka dans l’espace public ou que j’ai instauré la charte de la laïcité en Ile-de-France, il était où Eric Zemmour ? Il était chroniqueur à la télé. Je suis une faiseuse, pas un commentateur.” @vpecresse #Pécresse2022 pic.twitter.com/IIut0ZMP6u

— Pécresse 2022 (@avecValerie) February 14, 2022

L’article Valérie Pécresse : « Moi, je suis une faiseuse ! » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Bruno Retailleau : « Le discours de Valérie Pécresse était sur une ligne de droite assumée »

Bruno Retailleau : « Le discours de Valérie Pécresse était sur une ligne de droite assumée »

Bruno Retailleau, président du groupe les Républicains au Sénat et sénateur de Vendée, était l’invité de Public Sénat.

Il est revenu sur les moments forts du discours de Valérie Pécresse au Zénith de Paris, la lutte contre l’islamisme, le convoi de la liberté, le passe vaccinal et la crise en Ukraine.

Meeting de @vpecresse : “C’était un discours sur une ligne de droite assumée. Ce n’est pas la forme dans laquelle elle est la plus à l’aise. Un discours d’Angela Merkel est ennuyeux à mourrir, ce qu’on lui demande c’est de gouverner.” @BrunoRetailleau #BonjourChezVous pic.twitter.com/Amunf9CDdL

— Public Sénat (@publicsenat) February 14, 2022

Meeting de la dernière chance pour @vpecresse ? “C’est archi-faux. Il nous reste deux mois pour convaincre des Français défiants vis-à-vis de la politique et blasés du lyrisme des discours. @vpecresse porte une forme de pragmatisme.” @BrunoRetailleau #BonjourChezVous pic.twitter.com/jyUgVirv6M

— Public Sénat (@publicsenat) February 14, 2022

Port du voile : “Les hijabeuses sont des militantes qui veulent imposer ce signe d’apartheid sexuelle. Nous serons intraitables avec l’islamisme. Il y a une tentative sur le sol français d’imposer la charia, Samuel Paty est mort pour ça.” @BrunoRetailleau #BonjourChezVous pic.twitter.com/uzRFDOSwVY

— Public Sénat (@publicsenat) February 14, 2022

Convois de la liberté : “@EmmanuelMacron est candidat, mais ne veut pas faire campagne. Lorsque le débat démocratique est inexistant, la violence de la rue prend le relais. Comment a-t-il pu dire qu’il voulait ‘emmerder’ les non-vaccinés ?” @BrunoRetailleau #BonjourChezVous pic.twitter.com/wJgNa0tg1A

— Public Sénat (@publicsenat) February 14, 2022

Fin du passe vaccinal ? “On a une vingtaine de sénateurs qui n’avaient pas voté le passe sanitaire ou vaccinal. Le passe vaccinal n’a pas vocation à durer, je ne veux pas qu’on installe les Français dans une société de contrôle permanent.” @BrunoRetailleau #BonjourChezVous pic.twitter.com/OLxPbeXCEs

— Public Sénat (@publicsenat) February 14, 2022

Ukraine : “En matière de géopolitique, on ne fait pas confiance, on fait le dialogue pour la paix. Poutine veut finlandiser l’Ukraine et les américains ont remis l’OTAN au centre de la sécurité européenne, c’est un jeu de dupes aussi.” @BrunoRetailleau #BonjourChezVous pic.twitter.com/1OAkl6yQW6

— Public Sénat (@publicsenat) February 14, 2022

 

L’article Bruno Retailleau : « Le discours de Valérie Pécresse était sur une ligne de droite assumée » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Eric Ciotti : « Le déclassement économique et la menace identitaire sont deux enjeux vitaux pour notre pays »

Eric Ciotti : « Le déclassement économique et la menace identitaire sont deux enjeux vitaux pour notre pays »

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président de la commission nationale d’investiture, était l’invité de BFMTV.

Il est revenu sur le déclassement économique de la France, les moments forts du discours de Valérie Pécresse au Zénith de Paris et la laïcité.

Avec Macron et Hollande, la France connaît un déclassement depuis 10 ans !

Le déclassement économique et la menace identitaire sont deux enjeux vitaux pour notre pays.

Les Français mesurent cette réalité ! pic.twitter.com/Mfi14H1Dt3

— Eric Ciotti (@ECiotti) February 14, 2022

Je me suis totalement retrouvé dans le discours de @vpecresse

La ligne que j’ai portée durant le congrès était totalement incarnée dans le fond de ce discours.

Stoppons avec les artifices de communication, il y avait dans cette salle de la ferveur et un esprit de combat ! pic.twitter.com/XaTOK58hXk

— Eric Ciotti (@ECiotti) February 14, 2022

Quand @vpecresse affirme que Marianne n’est pas voilée, c’est un temps fort de son discours.

Macron préfère laisser voiler les fillettes et accepter le burkini.

Les signes religieux n’ont pas leur place sur un terrain de sport, alors que Mme Moreno soutient les hijabeuses ! pic.twitter.com/O0YJ4uGB7O

— Eric Ciotti (@ECiotti) February 14, 2022

L’article Eric Ciotti : « Le déclassement économique et la menace identitaire sont deux enjeux vitaux pour notre pays » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Grand rassemblement autour de Valérie Pécresse au Zénith de Paris

Grand rassemblement autour de Valérie Pécresse au Zénith de Paris

Suivez en direct le Grand rassemblement autour de Valérie Pécresse au Zénith de Paris.

L’article Grand rassemblement autour de Valérie Pécresse au Zénith de Paris est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Valérie Pécresse : « Ce que je propose, c’est une Nouvelle France »

Valérie Pécresse : « Ce que je propose, c’est une Nouvelle France »

Abandonnée par plusieurs élus qui rejoignent Emmanuel Macron, talonnée dans les sondages par Éric Zemmour, la candidate LR, Valérie Pécresse, doit impérativement relancer sa campagne à l’occasion de son premier grand meeting, ce dimanche.

Les marins appellent cela le «pot-au-noir », une ceinture de quelques centaines de kilomètres de basses pressions entourant la Terre près de l’équateur. La traverser sans encombre ne mène pas à la victoire, mais y rester englué vous assure la défaite… Valérie Pécresse sort de cette zone sans vent ni courants porteurs. Son embarcation, qui avait fière allure au lendemain des primaires de son parti, vient de perdre quelques marins (Catherine Vautrin, Natacha Bouchart, Éric Woerth…) et essuie les foudres de Rachida Dati. La voici même rattrapée par d’autres esquifs. Discrète depuis plusieurs jours, la candidate Les Républicains lance la contre-attaque dans le JDD. Elle dessine sa vision de la France, se définit comme « la femme à abattre », martèle les trois verbes clés de sa campagne –protéger, reconstruire, réinventer– et juge sans complaisance le mandat d’Emmanuel Macron. Pour elle, une semaine décisive s’ouvre: elle va intensifier ses déplacements, ses prises de parole et multiplier des idées qu’elle veut disruptives…

Vous avez subi ces derniers jours plusieurs défections d’élus LR qui ont préféré soutenir Emmanuel Macron. Comment le vivez-vous ?

Je constate que je suis la femme à abattre. Tous les coups se concentrent sur moi : ceux de la Macronie comme ceux d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen. Je suis un danger politique parce que je suis la seule à incarner une alternative sérieuse à Emmanuel Macron. Mais je le dis à tous ceux qui me tirent dans le dos: je suis une conquérante. J’ai cette force en moi. Rien ne me détournera de mon chemin.

Vous accusez Emmanuel Macron d’avoir « cramé la caisse », mais l’ex-ministre (LR) du Budget, Éric Woerth…

(Elle coupe)… l’avait dit aussi. Il a changé d’avis.

Éric Woerth a décidé de soutenir Macron. Vous dénoncez le manque de résultats du président sortant sur l’immigration. Mais la maire de Calais, Natacha Bouchart, le soutient aussi. Avez-vous un problème de crédibilité dans votre propre camp ?

J’appelle les Français à regarder la réalité en face, celle d’une France passoire: 272 000 titres de séjour accordés en2021, un niveau record. Que certains élus aient besoin du soutien du gouvernement dans leur action quotidienne, c’est possible. Mais que nous devions reprendre le contrôle des frontières, c’est un fait. L’immigration incontrôlée et l’intégration ratée sont en train de disloquer notre nation. C’est pour cela que je veux des quotas migratoires, des contrôles et le départ des clandestins. J’aiderai aussi les pays européens, en première ligne face à la Turquie ou à la Biélorussie, qui souhaitent construire des barrières voire des murs.

Vous attendiez-vous à ce que les coups viennent, aussi, de Nicolas Sarkozy, qui vous juge « inexistante » dans cette campagne selon Le Figaro ?

Je trace ma voie ! Ses conseils sont toujours utiles. Mais l’unité de notre famille est aussi importante. Je sais qu’il a cela à cœur.

Quel fut le meilleur des présidents de la Ve République selon vous ?

Il y a eu de très grands présidents de droite sous la Ve République. Mais pas encore de présidente.

On connaît la France de Macron, on imagine celle de Zemmour. Mais à quoi ressemblerait la France de Pécresse ?

Ce que je propose, c’est une nouvelle France, une France de l’ordre et de la concorde. Mon projet, c’est de protéger les Français, de reconstruire les piliers de notre nation, et de nous réinventer. Protéger les Français, c’est remettre de la sécurité, lancer un plan Orsec pour la justice, et reprendre le contrôle de nos frontières et de notre souveraineté. Je veux aussi reconstruire les piliers sur lesquels repose notre cohésion nationale et que les dix années Hollande-Macron ont abîmés: l’école, d’abord, et tous nos services publics en déshérence. L’enjeu pour la France, c’est de refaire nation. Emmanuel Macron a opposé les Français entre eux. Je veux les réunir. Pour cela, il faut leur redonner la parole. Je mettrai en place un véritable référendum d’initiative populaire pour que les Français puissent s’exprimer quand ils en ont besoin. Et qu’ils ne se sentent plus méprisés par le pouvoir.

Quand on est candidate à la présidentielle, ne faut-il pas, aussi, faire rêver les Français ?

Ma nouvelle France va aussi se réinventer. Elle va réinventer le rapport au travail, d’abord, pour qu’il retrouve tout son sens. C’est pour cela que je m’engage sur une hausse de 10% des salaires nets sur le quinquennat. Au « travailler plus pour gagner plus », j’ajoute le mot liberté, liberté de fixer le temps de travail en entreprise. On défiscalisera les heures supplémentaires sans plafond, on autorisera le cumul emploi-retraite sans barrières, on permettra le rachat des RTT, on encouragera l’actionnariat salarié… Ma nouvelle France veut aussi réinventer le territoire. Dans la société d’après-Covid, il existe une aspiration à quitter les grandes métropoles pour s’installer dans les villes moyennes ou les villages. C’est une chance pour la ruralité. Je ferai le contraire de ce qu’a fait Emmanuel Macron: je vais décentraliser. L’État lâchera prise. Les territoires reprendront le pouvoir. La France fera enfin confiance aux libertés locales et aux initiatives. Dans cette nouvelle France, je veux une société libérée. Avec moi, la présidence verticale c’est terminé. Marianne ne sera plus corsetée. C’est par la liberté que le pays retrouvera un élan. Car la nouvelle France doit aussi se réindustrialiser. Pour cela, nous devrons débureaucratiser et redevenir une société de l’innovation et pas de la précaution. Voilà encore une autre promesse non tenue de Macron: 85 milliards de déficit commercial, c’est le drame français. On nous parle de 7 % de croissance, mais cela consiste essentiellement à acheter des biens produits par d’autres !

Votre présidence ne serait ni verticale ni « jupitérienne » comme l’était celle de Macron, donc. Serait-elle « normale » comme celle de François Hollande ?

Elle sera courageuse. C’est ce qui a manqué ces cinq dernières années: le courage de faire. Des beaux discours, des volte-face, on en a eu beaucoup. Jeudi encore, avec les promesses sur le nucléaire et l’éolien. Mais qui peut croire Emmanuel Macron, qui n’a pas été capable de sortir un seul projet industriel ? Le pays a été gouverné en surface, pas en profondeur. Sa présidence a été bavarde et autoritaire. La mienne sera à l’écoute, et associera le peuple dans le courage des réformes. Dire qu’il faudra travailler plus et dépenser moins, ce n’est pas très populaire, j’en suis consciente. Dans cette campagne, je suis celle qui dit la vérité. Si on veut libérer les énergies, il faudra pouvoir baisser les impôts, et donc dépenser moins. Les réformes nécessaires –des retraites, de l’assurance chômage, de l’État–, il faudra bien que quelqu’un les fasse. L’école est en grande souffrance, l’hôpital et la santé aussi. J’aurai ce courage de faire que Macron n’a pas eu. Oui, le plein-emploi est atteignable sur le prochain quinquennat. Mais nous ne pouvons pas laisser notre dette grimper jusqu’au ciel. Sinon nous amputerons l’avenir de nos enfants. Avec Macron, l’addition c’est après les élections. Je dis aux Français: ouvrez les yeux.

Éric Woerth juge votre projet monomaniaque sur le régalien…

Mon projet sauve les services publics du pays, libère les énergies. Mon projet, c’est celui du pouvoir d’achat, celui des familles aussi. Il a dû s’arrêter à la page 2.

Protéger, reconstruire, réinventer : ce sera le mantra de votre campagne ?

Oui, parce que c’est ce que veulent les Français. La France est humiliée au Mali, en Australie, en Russie. Ils veulent qu’elle redevienne une grande puissance. Ma certitude, c’est que notre force extérieure viendra de notre force intérieure. On ne respecte pas un pays qui a 2800 milliards d’euros de dette.

Qu’est-ce qu’Emmanuel Macron a réussi pendant son mandat selon vous ?

Il y a eu quelques bonnes mesures: la loi travail, le dédoublement des classes de CP, l’augmentation du budget de la justice, bien que trop tardif. Mais c’est un quinquennat pour pas grand-chose. Et un quinquennat de zigzags. Nous avons besoin de professionnels à la tête de l’État. Évidemment, c’est compliqué de se battre contre un président qui fait des chèques toute la journée. Mais ces chèques sont sans provision. Derrière ces chèques, il y a de la dette. Et derrière la dette, il y a des impôts.

Emmanuel Macron veut relancer la construction de centrales nucléaires. Vous aussi. Vous êtes donc d’accord ?

Qui est le vrai Macron ? Celui qui a fermé Fessenheim, celui qui voulait fermer 12réacteurs ? Ou est-ce celui qui, sous ma pression, annonce six nouveaux EPR ?

Vous êtes devancée par Marine Le Pen dans les sondages, et désormais à égalité avec Éric Zemmour. Votre campagne patine. Pourquoi ?

Parce que le président de la République n’est pas candidat. Il se cache parce qu’il ne veut pas affronter son bilan. La violence des attaques montre qu’il a peur d’un face-à-face avec moi, car je suis la seule qui peut le battre. Ni Marine Le Pen ni Éric Zemmour ne peuvent gagner. Ils n’ont pas la crédibilité nécessaire pour gouverner le pays. Et leur élection amènerait le désordre. La solidité de ma campagne et de mon expérience feront la différence le jour venu. C’est pour cela que La République en marche n’a qu’une obsession : faire monter le RN et Éric Zemmour.

À dessein ?

Bien sûr à dessein ! C’est le bal des tartufes: Emmanuel Macron dit que son véritable ennemi, ce sont les extrêmes, alors que sa seule ennemie, c’est la candidate d’une vraie alternance, de droite. Les Français ne seront pas dupes. Parce que je suis la cible de toutes les attaques, ils vont regarder avec d’autant plus d’attention ce que je propose: une alternance franche et claire.

Éric Zemmour vous a surnommée « 20h02 », car il est convaincu que vous appellerez à voter Macron au soir du premier tour s’il est qualifié. Que lui répondez-vous ?

Que je serai au second tour. Et que j’espère que Zemmour appellera à voter pour moi à 20h01, parce qu’avec moi ses électeurs tourneront la page Macron.

Éric Zemmour vous accuse d’« islamo-droitisme »…

Quand on est, comme M. Zemmour, ami de Tariq Ramadan, qui défend la lapidation des femmes adultères, on n’a pas de leçons à donner. J’ai toujours combattu l’islamisme. En 2010, nous étions deux, avec Jean-François Copé, à demander l’interdiction de la burqa dans l’espace public. J’ai instauré la première charte de la laïcité, et je me bats pour interdire le burkini dans les îles de loisirs de ma Région, quand Emmanuel Macron, lui, refuse de faire voter l’interdiction du port du voile dans les compétitions sportives.

Est-elle dure, cette campagne ?

Toutes les campagnes sont dures ! Vous me prenez pour un perdreau de l’année ? Déjà, lors de la campagne des régionales, j’étais seule contre tous. C’est le lot de la politique. Aujourd’hui encore, je suis seule face au peuple. Il faut que les Français apprennent à me connaître et c’est à moi d’aller les convaincre.

Vous êtes soutenue par Éric Ciotti et Xavier Bertrand. Est-ce que concilier des lignes très différentes ne finit pas par être acrobatique ?

Non, car mon projet allie l’autorité et la modernité. Je rassemble la droite, le centre et au-delà pour reconstruire une nouvelle France.

Qui serait votre Premier ministre en cas de victoire ?

Il ou elle émergera de la campagne et des préoccupations des Français. Ce qui est certain, c’est qu’il ou elle sera expérimenté(e), et courageux(se).

Pensez-vous devoir mettre en avant votre personnalité, votre histoire ?

Les Français savent que je suis une combattante. J’ai été tellement en butte dans ce milieu d’hommes à la violence, au machisme et aux attaques que j’ai le cuir épais. Pour affronter les épreuves, les échecs ou les coups de couteau dans le dos en ce moment, il m’a fallu une armure. Maintenant il me faut fendre cette armure, laisser percevoir ma part d’humanité.

C’est l’objectif du meeting de ce dimanche ?

L’objet de ce discours est de livrer la cohérence de mon projet. Je l’ai construit brique par brique. Je veux maintenant qu’on voie la maison: le projet global. Je donnerai de moi aussi. Mais je ne vais pas me transformer: je suis une femme pudique, je suis une femme qui fait. Si les Français veulent encore des beaux parleurs, il y en a pléthore dans la campagne. S’ils veulent une «faiseuse», il n’y en a qu’une.

Georges Clemenceau disait « ne craignez jamais de vous faire des ennemis. Si vous n’en avez pas, c’est que vous n’avez rien fait ». Qu’en pensez-vous ?

Cela me parle ! Mais j’ai aussi beaucoup d’amis. Derrière moi, il y a une belle équipe de France d’élus et de citoyens.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

L’article Valérie Pécresse : « Ce que je propose, c’est une Nouvelle France » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Valérie Pécresse : « Je serai la Présidente du travail et du pouvoir d’achat »

Valérie Pécresse : « Je serai la Présidente du travail et du pouvoir d’achat »

« Les Français ont soif d’avenir. Nos étudiants, nos entrepreneurs, nos agriculteurs, nos ouvriers, nos ingénieurs, tous possèdent une énergie qui ne demande qu’à s’exprimer. Nos talents sont innombrables ! Pourtant aujourd’hui, les Français sont fatigués, inquiets, déconsidérés, mais aussi appauvris. Alors, l’heure est venue de gravir ensemble la pente du redressement. On ne réglera pas la question du pouvoir d’achat en inondant les Français de chèques en blanc, comme ce gouvernement sait si bien le faire. On la réglera en réhabilitant le travail, une valeur forte que nous portons depuis toujours. Je veux être la candidate du travail et du pouvoir d’achat. Je veux que le travail paye plus que l’assistance. »

Valérie Pécresse

On ne réglera pas la question du pouvoir d’achat en inondant les Français de chèques en blanc mais en réhabilitant le travail. Je serai la Présidente du travail et du pouvoir d’achat.

Mes propositions pour créer un choc de pouvoir d’achathttps://t.co/7RhuCzJ1lv #Pécresse2022 pic.twitter.com/iGDCSNkrh3

— Valérie Pécresse (@vpecresse) February 11, 2022

Nos propositions pour créer un choc de pouvoir d’achat

L’article Valérie Pécresse : « Je serai la Présidente du travail et du pouvoir d’achat » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Valérie Pécresse face à la rédaction de ELLE

Valérie Pécresse face à la rédaction de ELLE

Longtemps sous-estimée par son propre camp, Valérie Pécresse s’est imposée comme la candidate de la droite à l’élection présidentielle. Fausse discrète et vraie ambitieuse, diplômée de HEC et de l’Ena, l’ancienne députée des Yvelines est née à la politique sous Jacques Chirac. Deux fois ministre sous Nicolas Sarkozy, elle prétend faire de la région Île-de-France, qu’elle préside depuis 2015, son laboratoire à idées. Comment celle qui se revendique féministe, en en faisant même un argument de campagne, compose-t-elle avec sa famille politique conservatrice ? Parité, PMA, violences, santé des femmes… Dans son QG parisien aux allures de start-up, rencontre avec celle qui veut amalgamer toutes les nuances de la droite.

Tout juste entrée en politique, vous avez été mise en garde par Dominique de Villepin : « vous ne ferez jamais de politique parce que vous êtes une femme normale. Vous avez un mari, des enfants. En politique, il n’y a pas de femmes normales, il n’y a que des névrosées. » Êtes-vous donc anormale ?

C’était de la provocation. Il voulait voir comment j’allais réagir. Je ne l’ai, bien sûr, pas pris au premier degré et je lui ai dit que si j’intégrais son équipe, ce serait le meilleur choix possible. Quant à la normalité qu’il évoque… très clairement, je suis anormale ! J’ai réussi à concilier ma vie familiale et ma vie professionnelle. Ça n’a pas été une affaire de mauviette, comme dirait Bette Davis. Car je rappelle que, quand je suis arrivée en politique, j’étais une femme dans un monde d’hommes. Où l’on disait que ce n’était même pas la peine de présenter des candidates aux élections parce que les électrices ne voteraient pas pour des femmes.

Votre équipe de campagne n’est pas paritaire. Est-ce qu’être une femme candidate vous exonère de quelconques obligations en la matière ?

Absolument pas. Aux législatives, nos investitures seront totalement paritaires. La parité, c’est un moyen pour arriver à une fin. Je veux une société mixte, qui s’enrichit des différences. Mais je n’y peux rien si, dans ma famille politique, mes quatre adversaires à la primaire étaient des hommes, si les trois chefs de parti sont des hommes, si les trois présidents de groupe sont des hommes, si le président du Sénat est un homme, si trois présidents de région sur quatre sont des hommes, il faut bien que je travaille avec eux ! Je suis héritière de cette situation.

Et au gouvernement, ce sera le même genre de parité ? Les femmes à la Santé et à l’Éducation ? Aux secrétariats d’État ? Quels engagements prenez-vous aujourd’hui ?

Bien sûr, en fonction des compétences de chacune et chacun. Il se trouve que la droite a la chance de disposer d’un vivier de femmes et d’hommes exceptionnels. Quand on veut faire la promotion des femmes, il faut être directeur de ressources humaines. À chaque fois que je rencontre une femme qui a du talent, je lui demande pourquoi elle ne s’engagerait pas en politique. En général, elle répond qu’elle ne voit pas comment elle pourrait faire entre des vies personnelle et professionnelle, déjà si chargées. Quand j’étais ministre de l’Enseignement supérieur, j’étais la seule membre du gouvernement à avoir un cabinet paritaire. Pourquoi ? Parce que les jeunes femmes s’étaient passé le mot. Elles avaient entre 30 et 35 ans, et se disaient « Valérie Pécresse a des gosses, petits, donc elle comprend ».

Les résistances persistent. Comment dès lors améliorer la parité sur les postes stratégiques ?

Je ne vais pas vous donner les futurs occupants des postes avant l’élection, en revanche, j’ai demandé à l’association Hubertine Auclert, qui est mon bras armé en matière de droits des femmes à la région, de réaliser une étude sur ce que j’appelle « les Everest », à savoir tous les postes de la République qui n’ont pas encore été féminisés : présidence de l’Assemblée nationale, présidence du Conseil constitutionnel, vice-présidence du conseil d’État…

Sous votre présidence, une femme à Matignon, c’est envisageable ?

Absolument. La seule question qui compte c’est qui est le ou la meilleur(e) à quel poste.

Sur BFM, vous avez apporté votre soutien aux femmes victimes de violences sexuelles face à Jean-Jacques Bourdin, accusé par l’une d’entre elles. Quel message souhaitiez-vous envoyer ?

J’ai dit que je respectais totalement la présomption d’innocence, que Jean-Jacques Bourdin réfutait ces accusations mais que si ces actes étaient avérés, ils étaient graves. Avec moi Présidente, la parole des femmes sera respectée. Je ne laisserai plus jamais les femmes avoir peur de porter plainte. Je le dis d’autant plus que j’ai eu à subir dans ma jeunesse, comme tant de femmes ce genre de comportements.

Sous votre présidence, si un ministre était poursuivi pour agression sexuelle, comment réagiriez-vous ?

S’il y a un faisceau d’indices convergents qui laissent à penser que les choses sont sérieuses, je suis d’avis que la personne mise en cause ne pourrait pas rester en place. Il faut néanmoins prendre garde aux faux procès et aux dénonciations calomnieuses. En politique, ça existe. Ça dépend évidemment de la situation, mais s’il y a une mise en examen, pour moi, un ministre doit démissionner.

Dans votre programme, vous écrivez : « Avec votre confiance, je serai, mes chers compatriotes, LE chef dont la France a besoin. » Pourquoi pas LA cheffe ?

C’est parce que je n’ai pas relu cette phrase. Et qu’elle a dû être écrite par un garçon !

Si vous étiez élue, comment devrait-on vous appeler : Madame la présidente ou Madame le Président ?

« La », bien sûr. Cette question des titres est intéressante car la misogynie est ancrée dans les têtes, y compris celles des femmes. Quand je suis devenue présidente de Région, il est arrivé plusieurs fois que les élus de l’opposition m’appellent « Madame la vice-présidente ». Et ce n’était pas fait exprès. C’étaient des lapsus. C’est ce que j’appelle « l’école du vice ». Les femmes sont toujours « vice » quelque chose.

Vous vous prévalez souvent de votre genre. Que change le fait d’être une femme dans l’exercice du pouvoir ?

Être une femme est un combat de tous les instants. On ne m’a jamais vue venir. Personne ne croyait à ma victoire aux régionales, ni à la primaire de la droite. Le mur de la misogynie est encore très présent. Je gère la première région d’Europe d’une main à la fois ferme et aimante. Je pense que ce qui caractérise les femmes, c’est qu’elles ont les deux pieds ancrés dans la réalité de la vie quotidienne. Même si des hommes, comme les maires, les ont aussi. Est-ce qu’être une femme m’a fait porter une attention particulière à la situation des femmes ? C’est une évidence. C’est, en tout cas, ce qui m’a fait prendre conscience de situations d’inégalités flagrantes.

Que comptez-vous faire pour y remédier ?

La fiscalisation des pensions alimentaires des mamans solo est un scandale auquel je compte remédier. Rendez – vous compte : quand on est en couple, l’argent pour les dépenses des enfants n’est pas fiscalisé, mais quand on se sépare et que le coût de la vie augmente de 20 %, les pensions alimentaires sont défiscalisées pour le père, et la mère se retrouve à devoir payer des impôts sur cette même pension ! Ce qui peut lui faire perdre les APL, la prime d’activité… Je défiscaliserai ces pensions alimentaires. La TVA à 2,1 % sur les protections menstruelles ou sur les couches est aussi une évidence. Ce sont des produits de première nécessité, et, pourtant, c’est un gros budget. Évidemment, les hommes qui nous gouvernent ont laissé tous ces sujets sous les radars. Je suis la première à avoir installé des distributeurs de protections périodiques gratuites dans tous les lycées d’Île-de-France. Autre sujet d’importance : la précarité des femmes qui n’ont pas une carrière complète parce qu’elles ont arrêté de travailler pour s’occuper de leurs enfants. Ce n’est pas normal. Dans ma réforme des retraites, je ferai passer les pensions de réversion des femmes qui n’ont pas une carrière complète de 54 à 75 % de la retraite du conjoint.

Ces inégalités valent aussi en matière de santé, et depuis longtemps…

J’ai trois priorités. La santé mentale, le cancer des enfants et la santé des femmes seront les grandes causes de mon quinquennat. Les femmes ne se soignent pas assez, en particulier les mères seules avec enfants. Je voudrais organiser des consultations mère-enfant. Quand vous emmènerez votre enfant pour ses consultations obligatoires, on vous fera votre examen gynécologique ou un bilan de santé. Autre sujet : la détresse des règles est complètement taboue. Elle génère pourtant beaucoup de souffrances. Il y a l’endométriose, et plus généralement les règles très douloureuses. Aujourd’hui, quand vous avez un lumbago, vous allez voir le médecin et il vous arrête. Si vous y allez pour des règles douloureuses et vraiment handicapantes, ce n’est pas reconnu. Je veux que l’on puisse avoir deux jours de congé possibles sur avis médical. Autre sujet tabou parce que féminin : la ménopause. Aucune consultation de prévention en médecine du travail n’est proposée, alors que l’on sait bien que cela peut entraîner des troubles de santé, voire des dépressions. Je veux ouvrir la voie sur ce sujet, comme je l’ai fait sur la précarité menstruelle.

Le 28 janvier, la France comptait déjà huit féminicides. Comment en finir avec ces crimes ?

Nous allons mettre en place un parquet spécialisé pour prononcer des ordonnances de protection, idéalement dans les 48 heures et, au plus tard, dans le délai de six jours qui est dans la loi, mais qui n’est pas respecté. Ce parquet verra le jour dans chaque tribunal de grande instance. La loi sera votée dans les cent jours suivant mon élection. Le parquet traitera des violences faites aux femmes, mais aussi aux enfants, qu’il ne faut surtout pas oublier dans ces contextes de violences intrafamiliales.

Pourriez-vous entrer dans le droit français la notion de féminicide ?

Oui ! Le féminicide se définit en droit pénal : c’est tuer une femme parce qu’elle est une femme. Il faut refuser la loi du plus fort. Nombre de pays l’ont fait. En Amérique du Sud, par exemple. C’est le père de Cassandre Bouvier, violée et assassinée en Argentine, qui est venu me demander de porter ce combat.

Reviendriez-vous sur les délais de prescription en matière de délits et crimes sexuels ?

Tous les crimes ne peuvent pas être imprescriptibles, il faut une gradation. En matière d’inceste, je suis favorable à l’imprescriptibilité. La parole met tellement de temps à se libérer… Mais là encore, il faut être vigilant. Je suis immensément respectueuse du travail de la justice. Quand il y a une accusation, il faut toujours douter. Quand on libère la parole, il faut être solide sur la question de la présomption d’innocence. De fausses accusations, ça brise une vie.

À 20 ans, est-ce qu’on aurait pu vous rencontrer dans les rues, aux côtés des colleuses qui se mobilisent contre les violences faites aux femmes ?

Oui. On y trouve ma fille aujourd’hui.

Quelle mesure avez-vous en tête pour que les femmes se sentent davantage en sécurité dans l’espace public ?

En Île-de-France, j’ai mis 30 000 caméras dans le métro et les villes ! La vidéoprotection ne résout pas tout, mais elle est très importante. Quand on se sait filmé, on se contrôle davantage. J’ai fait évoluer le 3117 (numéro et application d’alerte SNCF et RATP) pour intégrer les violences sexistes et sexuelles. Il faut généraliser ces dispositifs dans tous les transports locaux.

Vous annoncez dans votre programme vouloir interdire le port du voile forcé. Comment prouver qu’il est forcé ?

Il est forcé quand on n’a pas le libre-arbitre pour décider. Je n’accepte pas que l’on voile les fillettes. Il faut instaurer une amende – dissuasive – pour les parents de toutes les filles de moins de 15 ans qui seraient voilées, dans la continuité de ce qui a été fait à l’école. C’est plus qu’un symbole, c’est une question d’émancipation des femmes. Je suis une femme de libertés, je suis donc contre l’emprise. Dans le couple, c’est pareil. Si une femme ne veut pas se voiler, il faut qu’elle sache que la société la soutiendra contre toutes les pressions.

Allongerez-vous le congé paternité obligatoire, et si oui, de quelle durée ?

J’ai toujours voulu un congé paternité obligatoire. Idéalement, dans un monde sans dettes ou déficit, il faudrait que les congés paternité et maternité soient alignés. Le problème, je le dis franchement, c’est que l’on n’a pas l’argent, aujourd’hui, pour le financer. La priorité dans mon projet sera de donner des congés aux parents pendant la durée d’hospitalisation d’un enfant. Je propose ainsi six mois de congé parental à prendre jusqu’aux 18 ans de l’enfant, en cas de problème de santé.

En 2014, vous avez voté en faveur de la réinscription de l’IVG comme droit fondamental. Que pensez-vous de l’allongement du délai à 14 semaines ?

C’est une fuite en avant qui détourne le regard du vrai problème : l’accès aux centres d’IVG, l’absence de gynécologues et de sages-femmes. L’accès à l’IVG doit être assuré sur tout le territoire. Il faut garantir le libre choix des femmes et protéger également les jeunes femmes enceintes que certaines familles – encore aujourd’hui – rejettent ! C’est ce que j’ai fait dans ma région. En matière de santé des femmes, je veux former davantage de gynécologues, mais aussi m’appuyer plus sur les sages-femmes, en les valorisant davantage : elles y sont prêtes.

En 2020, une famille sur quatre était monoparentale, dont une majorité de femmes, qui, à 45% vivaient sous le seuil de pauvreté. Quelle serait la première mesure que vous prendriez en leur faveur ?

Le premier problème pour les mères seules avec des enfants, c’est le logement. Je veux accorder un accès prioritaire au logement aux travailleurs de « première ligne » – aides-soignants, infirmiers, agents d’entretien… très majoritairement des femmes – dans la ville où ils travaillent.

Vous avez longtemps été hostile à la PMA sans motif médical. La soutenez-vous désormais ?

J’ai soutenu la loi dès lors que le gouvernement a accepté deux conditions : ouvrir l’accès aux origines de l’enfant à ses 18 ans et ne pas autoriser la GPA car je suis opposée à la marchandisation du corps de la femme.

Pour valoriser le pouvoir d’achat des femmes les plus précaires, vous proposez d’augmenter de 10 % les salaires nets jusqu’à 2,2 SMIC. Au-delà de la question financière, comment changer de regard sur ces femmes qui se sentent « invisibles » ?

Cela commence à l’école. Ainsi, dans les lycées de ma région, j’ai donné instruction aux proviseurs de présenter les personnels d’accueil et d’entretien aux élèves à la rentrée et d’expliquer leurs rôles. Par exemple, quand ils quittent la classe, ils doivent penser à eux et remonter leur chaise sur la table. Ça a l’air d’un détail et ça n’en est pas un, car beaucoup d’agents souffraient de mal de dos, à devoir remonter des centaines de chaises. Le respect s’apprend à l’école. Je demanderai aux chefs d’établissements de le faire, partout.

Votre fille, Émilie, est-elle woke, comme beaucoup de jeunes filles aujourd’hui ? Est-ce qu’elle essaie de vous déconstruire ?

Je ne parlerai pas de ma fille, je ne parlerai pas pour elle !

Considérez-vous que le féminisme de la jeune génération fait avancer la société ?

Les jeunes femmes ont une intransigeance vis-à-vis de situations que, plus jeunes, nous avons subies avec trop de fatalisme. Elles nous poussent à agir. Elles parlent de tout et ont une vision de l’égalité plus radicale que la nôtre.

À vos yeux, cette radicalité est-elle une bonne chose ?

Je ne veux pas déconstruire les hommes ! Sur la cause des femmes, il faut un « nous tous », hommes compris. Sinon, je crains un retour de bâton post-#MeToo. Je vois comment certains utilisent l’ultra-radicalité contre la cause des femmes. Si on va trop loin, on va relégitimer des comportements inacceptables. Ce que je veux, c’est mobiliser toute la société et pacifier le débat.

Si vous étiez élue, quel serait le rôle de votre mari ?

La réflexion est en cours. Jusqu’ici, nous avons mené nos vies professionnelles de manière totalement étanche. C’est sans doute une des clés de la réussite de notre couple. Jérôme est un industriel de l’environnement. Il a mené sa carrière dans des groupes mondiaux. Il est basé en France mais sa branche réalise 97 % de son chiffre d’affaires à l’étranger.

Habiteriez-vous ensemble à l’Élysée ?

Nous n’avons jamais vécu dans les ministères pour préserver l’équilibre de nos enfants. Là, pour des raisons de sécurité et de disponibilité, nous devrions habiter à l’Élysée. Alors oui, le rôle de mon mari reste à définir. Ce serait effectivement une situation radicalement inédite.

Vous portez très souvent une veste rouge. Pourquoi ?

Ça donne bonne mine ! Je me suis posé la question du changement de couleur de veste, mais je pense que c’est bien de montrer une forme de constance. Les imprimés à la télévision, vous savez, il faut oublier ! Le noir est toujours chic, mais un peu triste. Donc je choisis des couleurs franches : bleu, blanc et rouge ! Je porte des pantalons, car, contrairement aux bas, ils ne filent pas.

La veste, c’est obligatoire d’après vous ?

Oui ! La veste souligne qu’on a les épaules.

Si vous deviez ériger la statue d’une femme, laquelle serait-ce ?

Sœur Emmanuelle. Elle a tout donné.

>> Lire l’interview sur Elle.fr

L’article Valérie Pécresse face à la rédaction de ELLE est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Climat, souveraineté, pouvoir d’achat : Valérie Pécresse présente son ambition énergétique pour la France

Climat, souveraineté, pouvoir d’achat : Valérie Pécresse présente son ambition énergétique pour la France

En matière énergétique, Emmanuel Macron a, en un mandat, symboliquement fait passer la France du XXIème au XIXème siècle. Il a fermé Fessenheim et refait fonctionner des centrales à charbon. Il a fragilisé un des fleurons de l’économie française, EDF, et un secteur clé pour la réindustrialisation, celui de l’énergie. La situation est grave. Elle inquiète les Français. Je suis déterminée à y mettre de l’ordre avec une boussole claire : lutter pour le climat en visant la neutralité carbone en 2050, conserver notre capacité à produire notre électricité avec des technologies que nous maîtrisons, et préserver le pouvoir d’achat des Français et la compétitivité des entreprises. Climat, souveraineté, pouvoir d’achat : voilà les enjeux !

Le bouclier tarifaire du Président sortant est une mesure de court terme prise dans la fébrilité. Il n’évitera pas que le pouvoir d’achat soit impacté après les élections, une fois la réalité des coûts rétablie. EDF en restera durablement fragilisé. C’est le fruit de sa politique incohérente.

En matière énergétique, Emmanuel Macron a mené une politique de gribouille : il a fermé la centrale nucléaire de Fessenheim et aujourd’hui il rouvre les centrales à charbon. Il a fait passé la France du 21e siècle au 19e siècle en un mandat ! #Pecresse2022pic.twitter.com/R1uG2MrhwP

— Valérie Pécresse (@vpecresse) January 10, 2022

Au cours de son quinquennat, Emmanuel Macron a fait preuve d’inconséquence et d’aveuglement : arrêt de Fessenheim et plan, toujours assumé, de fermeture de 12 autres tranches nucléaires avant 2035, sans parler de la ponction d’urgence de 8 milliards d’euros sur les capacités d’investissement d’EDF. La première mission de mon Premier ministre sera de mettre en place un plan de sauvetage d’EDF.

Notre socle électrique restera le nucléaire, pilotable, abondant et dont le coût est indépendant des énergies fossiles importées. Je ferai donc une relance gaullienne du nucléaire, en m’appuyant sur cette filière d’excellence de la technologie française. Elle souffre profondément des incertitudes sur son avenir, entretenues par Emmanuel Macron. Je l’ai déjà dit il y a plusieurs mois, cela nécessite de lancer immédiatement une première série de 6 EPR et de préparer la programmation des séries suivantes. Et il faut poursuivre l’exploitation des réacteurs existants qu’il est irresponsable de vouloir fermer tant qu’ils respectent les normes de sûreté. Les petits réacteurs modulaires ne suffiront pas !

L’objectif premier d’une politique énergétique responsable est de remplacer les énergies émettrices de gaz à effet de serre, pas de fermer le nucléaire. Finis les zig-zags ! Charbon, pétrole et gaz représentent les trois quarts de l’énergie consommée. Les énergies fossiles causent un déficit commercial de 45 milliards d’euros. Pour s’en passer, il faudra développer les biocarburants, la méthanisation et la biomasse mais surtout mieux encourager l’électrification des transports, de l’industrie et des logements. Les projections montrent qu’il faut augmenter notre production électrique de près de 60% pour faire face à la croissance de ses usages à l’horizon 2050.

Produire davantage d’électricité bas carbone et peu chère est donc indispensable. Dès que je serai élue, j’établirai une programmation, en concertation avec les Régions et je proposerai au Parlement de définir ces nouvelles capacités électriques dont le pays a besoin.

Les propositions de @vpecresse sur l’énergie

Refaire du nucléaire le fleuron de notre énergie et sauver EDF.
Atteindre le zéro carbone.
Améliorer la compétitivité des entreprises.
Faire la « chasse au gaspi ».

Les 10 et 24 avril, je vote #Pecresse2022 ! pic.twitter.com/v4NjtxgEuS

— les Républicains (@lesRepublicains) February 1, 2022

Dans ce contexte de hausse de la consommation électrique, les énergies renouvelables : l’hydraulique, le solaire, la géothermie et l’éolien, doivent être vus comme des moyens de production complémentaires indispensables à notre mix énergétique. Je crois à l’opportunité d’une croissance nouvelle portée par une transition énergétique puissante et par l’innovation dans les énergies du futur comme l’hydrogène. C’est une opportunité pour la réindustrialisation de notre pays et pour le retour vers le plein emploi. Concernant l’éolien toutefois, le seuil de tolérance a été atteint dans plusieurs territoires, voire dépassé. A vouloir y aller à marche forcée, on a braqué les populations et les élus. Dorénavant aucun projet ne sera mis en œuvre contre leur volonté, et les projets non consensuels seront réexaminés sur terre comme en mer. Aux Régions aussi de réfléchir à l’utilité des stockages sur leur territoire pour optimiser la production et son usage. Je soutiendrai la signature de pactes régionaux comme celui qui fut signé en 2010 entre la région bretonne, le réseau et le Gouvernement.

Cette expansion du système électrique n’est possible que si le financement est mis en place, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Un quart de la production d’EDF est vendue à un prix très inférieur à son coût complet et très loin de ce qui permettrait à EDF d’investir dans de nouvelles capacités. Ce n’est tout simplement plus acceptable !

La politique énergétique d’E.Macron nous amène dans le mur. Nous n’avons plus l’assurance d’être approvisionné, les prix de l’énergie s’envolent.

Il faut un plan de relance gaullien pour l’énergie avec la remobilisation massive de la filière nucléaire pour lui donner un avenir. pic.twitter.com/QnDRJKdpSs

— Valérie Pécresse (@vpecresse) January 29, 2022

Je demanderai à la Commission européenne de revoir son organisation obsolète des marchés électriques. Les prix de notre production nationale doivent pouvoir s’appliquer pleinement aux ménages français. Le marché de gros européen, largement distordu, ne donne plus les bons signaux. Nous devons donc obtenir la possibilité pour les industries électro-intensives de passer des contrats d’achat à 15 ou 20 ans. Jamais le propriétaire allemand d’ASCOVAL n’aurait imaginé délocaliser sa production de rails pour la SNCF en Allemagne si son aciérie électrique française avait pu bénéficier d’un contrat de ce type. Jamais nous ne produirons l’hydrogène décarboné, dont nous aurons besoin en 2050, si les électrolyseurs de peuvent pas être alimentés par une électricité bon marché à prix fixe.

Maîtriser la production et le prix de notre électricité, c’est reprendre en main notre souveraineté, notre destin industriel, nos emplois et le pouvoir d’achat des Français. Si je suis élue, c’est ce que je ferai !

L’article Climat, souveraineté, pouvoir d’achat : Valérie Pécresse présente son ambition énergétique pour la France est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
#thegov_button_69b4802757352 { color: rgba(255,255,255,1); }#thegov_button_69b4802757352:hover { color: rgba(238,49,36,1); }#thegov_button_69b4802757352 { border-color: rgba(238,49,36,1); background-color: rgba(238,49,36,1); }#thegov_button_69b4802757352:hover { border-color: rgba(238,49,36,1); background-color: rgba(255,255,255,1); } Aller au contenu principal