Bruno Retailleau : « Si on veut que l’électricité soit moins chère, il faut qu’elle soit moins rare »

Bruno Retailleau : « Si on veut que l’électricité soit moins chère, il faut qu’elle soit moins rare »

Bruno Retailleau, président du groupe les Républicains au Sénat et sénateur de Vendée, était l’invité des 4 Vérités sur France 2.

Il est revenu sur la politique nucléaire du gouvernement, la politique énergétique, l’affaire des déplacements du PSG en jet privé et sa candidature à la présidence de notre mouvement.

“Si on veut que l’électricité soit moins chère, il faut qu’elle soit moins rare”.@BrunoRetailleau, président du groupe @lesRepublicains au Sénat, reproche à Emmanuel Macron sa politique nucléaire. pic.twitter.com/IbX0mWBowY

— Info France 2 (@infofrance2) September 6, 2022

” Ce gouvernement et surtout ce président de la République, gouverne sans cap, il gouverne sans conviction et sans boussole.”@BrunoRetailleau évoque #Fessenheim pour décrier la politique énergétique du gouvernement.

#Les4V @ThomasSotto pic.twitter.com/KiAriEJqZn

— Info France 2 (@infofrance2) September 6, 2022

“Il y a un changement culturel qui nous concerne tous.”@BrunoRetailleau répond à la polémique de #KylianMbappe et #ChristopheGaltier au sujet des déplacements des joueurs parisiens.

#Les4V @ThomasSotto pic.twitter.com/c4FvNDzSfO

— Info France 2 (@infofrance2) September 6, 2022

“Je pense qu’il faut reconstruire à partir de LR un nouveau parti, il faut le refonder.”@BrunoRetailleau, candidat à la présidence #LR, évoque la nécessité de la refondation du parti et de la droite.

#Les4V @ThomasSotto pic.twitter.com/BD1GArbfyG

— Info France 2 (@infofrance2) September 6, 2022

Je souhaite rendre leur voix à nos #militants : sur toutes les grandes questions, ce sont les militants qui trancheront ! #AvecRetailleau #LR #Les4V pic.twitter.com/pRsuTVphnU

— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) September 6, 2022

L’article Bruno Retailleau : « Si on veut que l’électricité soit moins chère, il faut qu’elle soit moins rare » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Eric Ciotti : « François Hollande et Emmanuel Macron ont tué EDF depuis 10 ans ! »

Eric Ciotti : « François Hollande et Emmanuel Macron ont tué EDF depuis 10 ans ! »

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président de la commission nationale d’investiture, était l’invité de RTL.

Il est revenu sur la politique énergétique du gouvernement, le procès de l’attentat de Nice et sa candidature à la présidence de notre mouvement.

Le Président parle à nouveau de guerre. Sa conférence était malhonnête. Il attaque le président d’EDF mais la vérité c’est que Hollande & Macron ont tué EDF depuis 10 ans !

Avec @oliviermarleix, nous demandons une commission d’enquête pour pointer les responsabilités du pouvoir. pic.twitter.com/c7K0Np5PGu

— Eric Ciotti (@ECiotti) September 6, 2022

Procès de l’attentat de #Nice : “J’attends qu’il y ait une forme de réparation pour les victimes”, @ECiotti dans #RTLMatin avec @amandine_begot pic.twitter.com/oGAzARtca5

— RTL France (@RTLFrance) September 6, 2022

Je dis aux centristes de ne pas se mêler de nos affaires. Hervé Morin n’est pas adhérent des Républicains.

Nous devons être un parti de droite. Je suis de droite, je ne m’en excuserai pas !

Soyons forts par nous mêmes pour gagner l’élection présidentielle de 2027 ! pic.twitter.com/EhGE0dbztb

— Eric Ciotti (@ECiotti) September 6, 2022

Dès 2023, choisissons notre chef. Je veux que Laurent Wauquiez soit notre candidat avec un grand programme de liberté économique et de protection des Français. pic.twitter.com/1I59QbfBEO

— Eric Ciotti (@ECiotti) September 6, 2022

L’article Eric Ciotti : « François Hollande et Emmanuel Macron ont tué EDF depuis 10 ans ! » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Annie Genevard : « Emmanuel Macron et François Hollande ont affaibli la filière nucléaire »

Annie Genevard : « Emmanuel Macron et François Hollande ont affaibli la filière nucléaire »

Annie Genevard, présidente de notre mouvement et députée du Doubs, était l’invitée de Sud Radio.

Elle est revenue sur le rôle des partis politiques, le nucléaire, le Conseil national de la refondation et le vote du budget à l’Assemblée nationale.

Certains considèrent que nous vivons la fin des partis politiques. C’est faux. La pensée politique, le projet politique et le débat politique s’opèrent au sein des partis politiques. #SudRadio pic.twitter.com/ZZyxqhGJj7

— Annie Genevard (@AnnieGenevard) September 5, 2022

Le Rassemblement National et la majorité présidentielle s’entendent pour vouloir notre disparition. Or l’existence des Républicains est indispensable au débat et à la vitalité démocratique. #SudRadio pic.twitter.com/ee5VOgEX4o

— Annie Genevard (@AnnieGenevard) September 5, 2022

Emmanuel Macron et François Hollande ont fait n’importe quoi en matière énergétique : ils ont affaibli la filière nucléaire et ils ont ruiné EDF. Aujourd’hui, la France doit peser de tout son poids pour découpler l’électricité et le gaz. #SudRadio pic.twitter.com/bsIp5wvKF0

— Annie Genevard (@AnnieGenevard) September 5, 2022

Des Ségurs, des Beauvaux, des Grenelles, des grands débats, des états généraux, le conseil national de la refondation… Emmanuel Macron parle au lieu de faire. #SudRadio pic.twitter.com/MKjGKICBm9

— Annie Genevard (@AnnieGenevard) September 5, 2022

Selon toute probabilité, nous ne voterons pas le budget ne partageant ni la méthode ni les orientations du gouvernement. #SudRadio pic.twitter.com/PuAKXqxOSz

— Annie Genevard (@AnnieGenevard) September 5, 2022

L’article Annie Genevard : « Emmanuel Macron et François Hollande ont affaibli la filière nucléaire » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Aurélien Pradié : « Redevenons une droite populaire »

Aurélien Pradié : « Redevenons une droite populaire »

Aurélien Pradié, secrétaire général de notre mouvement et député du Lot, était l’invité de Public Sénat.

Il est revenu sur le vote du budget à l’Assemblée nationale, le nucléaire et l’élection du président de notre mouvement.

Le vote du budget est un acte politique. Je ne le voterai pas. Même si nous nous battrons pour obtenir des avancées, comme nous l’avons fait cet été, jamais je ne le voterai.@lesRepublicains ne sont pas là pour filer un coup de main au gouvernement. pic.twitter.com/153EUxdNFy

— Aurélien Pradié (@AurelienPradie) September 5, 2022

Nous devons relancer le nucléaire en urgence. Emmanuel Macron a saboté et massacré notre parc nucléaire. C’est une faute politique majeure.

Retrouvons notre souveraineté énergétique. pic.twitter.com/pNWEAI5BBY

— Aurélien Pradié (@AurelienPradie) September 5, 2022

Les adhérents ne veulent pas d’une nouvelle guerre des chefs. Ne recommençons pas les matchs d’hier et d’avant hier. pic.twitter.com/9FvlCcVhpq

— Aurélien Pradié (@AurelienPradie) September 5, 2022

Redevenons une droite populaire. Une droite qui replace la valeur du travail au cœur de la vie de tous les Français. pic.twitter.com/qmPsibyqoA

— Aurélien Pradié (@AurelienPradie) September 5, 2022

L’article Aurélien Pradié : « Redevenons une droite populaire » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Éric Ciotti : « Je m’opposerai à toute forme de primaires pour l’avenir »

Éric Ciotti : « Je m’opposerai à toute forme de primaires pour l’avenir »

Candidat à la présidence des Républicains, Éric Ciotti s’opposera, s’il est élu, « à toute forme de primaires ».

Vous président de LR, quelles seraient vos premières décisions ?

Notre candidat à la présidentielle de 2027 sera désigné très rapidement. Ça sera la première des mes priorités. Ce qui a considérablement affaibli la droite depuis 2012, c’est l’absence d’un chef reconnu et incontesté à sa tête. Pour pallier ce manque, nous avons été contraints, par deux fois, à recourir à des primaires qui nous ont conduits à deux échecs cuisants en 2017 et 2022. Je le dis clairement : je m’opposerai à toute forme de primaires pour l’avenir. Face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les LR doivent retrouver une voix et un visage.

Et ensuite ?

Ma seconde priorité sera de refonder un cadre idéologique solide, synthèse entre l’attente de sécurité et l’exigence de liberté. Chaque année, la France gagne la coupe du monde et d’Europe des impôts. C’est devenu insupportable. La droite doit y mettre un terme. Ma priorité sera de proposer un puissant contre-choc fiscal. Je souhaite ramener les prélèvements obligatoires a minima à moins de 40 % du PIB, ce qui signifie une baisse de la fiscalité et des charges d’au moins 125 milliards d’euros sur un quinquennat. Cela permettra d’augmenter des salaires qui ne valorisent plus suffisamment le travail face à l’assistanat. Mon objectif sera de réanimer le parti sur ses convictions, mais aussi sur ses méthodes. Je veux mettre au service de notre futur candidat un parti qui déborde d’idées, en se saisissant de sujets où nous avons été trop longtemps inaudibles. En particulier la transition environnementale, l’éducation, le logement ou l’égalité entre les femmes et les hommes.

Qui serait le meilleur candidat de la droite à la présidentielle de 2027 ?

Une personnalité dispose des meilleures qualités pour incarner l’avenir de la droite : Laurent Wauquiez. Il est le mieux placé. Depuis 2007, nous avons vécu à l’ombre de trois grandes figures tutélaires : Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé. Ils ont tous renoncé à une ambition politique nationale. D’autres ont essayé d’incarner une relève : Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Ils n’y sont pas parvenus. Dans son territoire, Laurent Wauquiez connaît une extraordinaire réussite. Si la France était à l’image de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et du département des Alpes-Maritimes, les LR auraient la majorité absolue à l’Assemblée nationale ! Laurent Wauquiez a développé des politiques très novatrices tout en gérant remarquablement l’argent public. Il porte une vision courageuse de la France et de son avenir.

Quel agenda suggérez-vous ?

Il faudra aller vite, dès le début de 2023. Désigner notre candidat quatre mois avant l’élection présidentielle est beaucoup trop tardif pour mûrir longuement un véritable projet novateur et rassembleur. D’autant que ce projet devra s’inscrire en rupture totale avec ce qui est fait en France depuis des décennies.

À droite et au centre, beaucoup redoutent une droitisation extrême ou une extrême droitisation du parti si vous le dirigez. Que leur répondez-vous ?

Je suis étonné par cette analyse alors que toutes les études démontrent que le pays n’a jamais autant été à droite… Ce n’est certainement pas dans cet instant qu’il faut renoncer à nos convictions. Je suis de droite, j’en suis fier et ne m’en excuserai jamais. Je suis profondément gaulliste, guidé par mon grand-père prisonnier de guerre et mon oncle résistant. J’ai adhéré au RPR à l’âge de 16 ans et je n’ai appartenu qu’à une seule famille politique. Je ne viens pas d’ailleurs et je n’irai pas ailleurs.

Si vous gagnez, ne craignez-vous pas une scission des Républicains ?

Le vrai danger, c’est la disparition. Nous sommes passés de 32 % à l’élection présidentielle de 2007 à moins de 5 % d’électeurs à celle de 2022. Près de 90 % de ceux qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy nous ont déjà quittés. Mon but sera d’aller rechercher un par un ces électeurs, autant du côté d’Emmanuel Macron que du côté de Marine Le Pen. Il ne s’agit pas de rafistoler une boutique qui prend l’eau de toute part, mais de reconstruire un édifice moderne, fort de nos racines et de nos valeurs.

Le « tout sauf Ciotti » vous inquiète-t-il ?

J’entends cette musique. J’y perçois une forme de mépris qui, je le sais, choque nos militants. Cette partition avait déjà été jouée lors du congrès. On voit hélas où cela nous a menés. Ce débat mérite d’être conduit dans le respect de chacun. Soit nous avons le courage d’explorer des chemins plus audacieux, soit nous serons effacés. Je ne serai pas le candidat du statu quo, de la prudence, du conservatisme.

Quatre candidats, ce n’est pas trop pour un parti qui voit ses adhérents partir ?

Plus nous aurons des débats riches et sincères, mieux ce sera.

Sur les textes concernant le pouvoir d’achat, les Républicains n’ont pas été dans l’opposition frontale au gouvernement. Quel est le bon positionnement ?

Pour moi, le macronisme est un naufrage. Le tribunal de l’histoire jugera très sévèrement l’inaction coupable d’Emmanuel Macron. Je prône une ligne d’opposition claire et forte. Toute forme de participation ou d’alliance avec ce pouvoir est à récuser. C’est cette ligne que les militants devront également valider en m’élisant à leur tête en décembre.

Cette stratégie ne risque-t-elle pas de mener au blocage des institutions ?

Je dresse un constat très sévère de dix années de macronisme. Je parle bien de dix années car pour moi, les politiques de François Hollande et d’Emmanuel Macron sont quasi identiques. Les choix catastrophiques effectués en matière d’énergie – qui sont à la base du futur rationnement électrique – appartiennent solidairement à messieurs Hollande et Macron. Il en est de même sur le terrain migratoire, ou encore budgétaire avec cette gabegie permanente qui a fait exploser notre endettement. La devanture a été rafistolée, mais l’arrière-boutique reste similaire. Je ne serai jamais complaisant avec un pouvoir qui a autant accéléré le déclin de la France. Nous rouvrons des centrales à charbon tout en demandant des efforts aux Français alors qu’on a fermé Fessenheim. Quel paradoxe ! Sur l’islamisme, la fuite de l’imam Iquioussen – dont semble se satisfaire Gérald Darmanin qui, comme à son accoutumée, fait de la com – est révélatrice du fiasco d’une politique qui a refusé de rétablir le délit de séjour illégal, et qui a érigé le placement en centre de rétention en procédure systématique avant toute expulsion.

Avec cette opposition radicale, le pays ne risque-t-il pas la paralysie ?

L’inaction du pouvoir en place a conduit à la montée d’un danger politique majeur : un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à la prochaine présidentielle. Je ne veux pas de ce scénario. Je m’opposerai aux menaces qu’incarnent Mélenchon et sa clique qui voudraient transformer notre pays en nouveau Venezuela. Mais n’oublions jamais que les premiers responsables de cette situation. Ce sont M. Macron et tous ceux qui prétendent à son héritage : Bruno Le Maire, Édouard Philippe, Gérald Darmanin. Comment Édouard Philippe, qui a signé le décret de fermeture de Fessenheim, peut-il aujourd’hui nous donner des leçons ?

Voterez-vous le prochain budget ?

Non ! Voter un budget veut dire participer et se fondre dans la majorité macroniste. Voter celui-ci en particulier reviendrait à endosser les erreurs en matière de politique énergétique, les fautes budgétaires et l’incurie migratoire et sécuritaire du pouvoir en place. Pour autant, nous ne jouerons jamais la politique du pire car nous privilégierons toujours l’intérêt général du pays.

Comme Jean-Luc Mélenchon , souhaitez-vous une dissolution de l’Assemblée nationale ?

Je ne crois pas en cette hypothèse. Cette décision n’appartient qu’au président de la République. S’il utilise cette arme, il devra mettre en jeu sa responsabilité et partir en cas de défaite.

N’est-il pas temps de faire un inventaire de la campagne de Valérie Pécresse ?

Bien sûr, mais ce sont malheureusement les Français qui l’ont fait, de façon sévère. Notre message n’a pas été compris car il n’était peut-être pas suffisamment clair et audacieux.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

L’article Éric Ciotti : « Je m’opposerai à toute forme de primaires pour l’avenir » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Bruno Retailleau : « Je serai candidat à la présidence des Républicains »

Bruno Retailleau : « Je serai candidat à la présidence des Républicains »

Le président du groupe LR au Sénat estime qu’« il faudra tout changer » et « refonder un nouveau parti ».

Vous encouragiez Laurent Wauquiez à être candidat à la présidence de LR. Il a fait un autre choix. Et vous? Serez-vous candidat pour animer le mouvement ?

Oui, je serai candidat à la présidence des Républicains. Je considère que Laurent Wauquiez avait toutes les qualités pour présider notre mouvement mais, en son absence, beaucoup m’ont demandé de me présenter. Je ne suis pas en manque de responsabilités, mais je ne suis pas homme à me dérober.

Est-ce compatible avec la présidence du groupe LR au Sénat ?

Ce n’est pas seulement compatible mais souhaitable. Aujourd’hui, le Parlement revient au centre du débat public. Que le président du premier groupe parlementaire de droite préside aussi le parti, c’est un gage de cohérence et de clarté.

Comment faut-il comprendre votre candidature ?

D’abord, je ne suis candidat contre personne. Éric Ciotti et Aurélien Pradié ont toute légitimité à se présenter. Mais cette élection ne doit pas se transformer en un face-à-face entre deux camps qui joueraient la surenchère. Dans notre état de faiblesse, un choc frontal pourrait nous briser. Bien sûr, la droite doit s’assumer, sans aucun complexe, mais elle doit aussi avancer. Je veux dépasser le passé et mettre la droite en ordre de bataille pour les combats de demain.

Peut-on assumer une ligne « droite et forte » – pour reprendre les termes d’Éric Ciotti – sans cliver ?

Oui. J’en veux pour preuve ce mot d’ordre de Laurent Wauquiez, en 2017, lorsqu’il était candidat à la présidence des Républicains : « Rassembler sans se renier. » Je ne me suis jamais renié. Qu’il s’agisse du totalitarisme islamiste ou de la nécessité de travailler plus et de dépenser moins, je dis aujourd’hui ce que je disais hier. C’est aussi pourquoi j’avais voté contre le traité de Lisbonne, parce qu’il reniait la parole du peuple souverain. Mais j’ai toujours cherché à rassembler. Car on n’est jamais fort quand on se réduit. La capacité d’un chef ne se mesure pas seulement à son autorité, mais aussi à sa faculté à fédérer. Cliver, c’est facile. Mais quand on dirige, il y a souvent beaucoup plus de courage à rassembler qu’à opposer.

Est-ce encore possible de réformer les Républicains sans « déformer » ce qu’ils sont ?

Réformer le mouvement ne suffira pas. Il faudra avoir le courage de tout changer. Ce que je veux, c’est refonder un nouveau parti pour reconstruire une vraie droite. On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle, de l’homme du référendum, et ne pas donner la parole aux militants. Je veux que les militants puissent trancher les grandes décisions, participer à la désignation de nos candidats. Je veux aussi créer des communautés numériques et redonner des moyens et des outils aux fédérations. Tout changer, c’est une question d’efficacité mais aussi de crédibilité : nos électeurs attendent des preuves, pas seulement des mots. J’entends parler de rupture : très bien. Mais la rupture, depuis combien de temps la promettons-nous ? Ne nous contentons pas d’agiter de vieux slogans, construisons un nouveau mouvement.

LR a-t-il encore des idées, une ligne ?

J’ai souvent regretté que la droite ne soit pas naturellement portée vers le débat d’idées. J’avais voulu prendre ma part à ce nécessaire effort intellectuel en proposant dans un ouvrage, Refondation, un corpus d’idées pour la droite. Nous vivons une période d’effondrement. Tout est à repenser car tout est à terre : le travail, notre système de santé, l’autorité de l’État et même une certaine idée de la civilisation. Il nous faut, en tenant compte du monde d’aujourd’hui, formuler une proposition à partir des fondamentaux de la droite : notre goût pour la liberté, la responsabilité, l’ordre, la transmission, le progrès. Et ne pas nous contenter de demi-mesures. Prenons l’école : plutôt que quelques changements de programmes, c’est un changement complet du système éducatif que la droite doit proposer, avec des établissements publics autonomes, afin de casser le nivellement par le bas. Bien sûr, la droite, c’est plus de sécurité, moins d’impôts et d’immigration. Et sur ce dernier point, il faudra aussi passer par un référendum pour que le peuple français se réapproprie cette question existentielle. Mais nous devons être plus exigeants envers nous-mêmes, sortir de nos zones de confort et investir des champs nouveaux de réflexion, que ce soit le numérique, l’intelligence artificielle, l’écologie, etc. Une droite courageuse, c’est aussi une droite audacieuse.

Vous aviez sorti un essai, en 2021, Aurons-nous encore de la lumière en hiver ?. Le titre se voulait provocateur… mais aurons-nous encore de la lumière et du chauffage ? Dans quel monde allons-nous basculer ?

J’aurais préféré me tromper mais j’avais effectivement anticipé. Emmanuel Macron, lui, ne l’a pas fait. Car la situation actuelle n’est pas simplement due à la guerre en Ukraine : la filière nucléaire a été totalement sabordée puisque le président avait donné instruction de fermer quatorze réacteurs nucléaires. Et il vient aujourd’hui nous parler de la fin de l’insouciance… Mais l’insouciant, c’est lui ! La question fondamentale, désormais, c’est la maîtrise de notre destin : comment les États peuvent-ils retrouver une prise sur les événements, face aux poussées impérialistes ou aux assauts de cet empire de la technique qui prend le contrôle de nos vies ? La réponse, c’est la souveraineté. Elle est l’horizon indépassable des nations. Car ce qu’un peuple ne fait pas pour lui-même, personne ne le fera à sa place.

Comment incarner une alternative crédible ? Faut-il travailler avec Emmanuel Macron pour faire avancer les réformes ?

Qu’on ne fasse pas de l’obstruction systématique, c’est du bon sens. Mais nous ne serons jamais macronistes. Il y a entre Emmanuel Macron et nous des différences de nature et pas seulement de degrés. N’alimentons pas la grande confusion, le « en même temps », c’est-à-dire le « tout se vaut ». Car si tout se vaut, alors tout est faux. Nous devons montrer que la politique vaut encore quelque chose, qu’il y a encore des hommes et des femmes d’honneur qui ne sont pas prêts à troquer leurs convictions pour des ambitions.

Faut-il construire un rassemblement plus large que LR avec les électeurs d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen ?

Vous posez une question essentielle pour l’avenir de la droite. Je tendrai toujours la main aux électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour car je ne me résignerai jamais à ce que des Français sincèrement de droite nous aient quittés.

La droite a-t-elle encore un avenir dans sa forme partisane actuelle ? Pour Dominique Reynié, « la recomposition des droites pourrait se faire sans Les Républicains ».

Si je le pensais, je ne serais pas candidat à la présidence de notre parti. La droite a un avenir si elle ne cède ni à la fatalité ni à la facilité. Car c’est trop facile de pointer les autres du doigt : notre problème, c’est nous-mêmes, ce sont nos reniements et nos paresses devant l’effort intellectuel qu’exige une vraie refondation.

Les jeunes et les urbains, notamment, ne votent plus pour LR. Comment leur parler et les convaincre ?

Les jeunes, les urbains, les premiers ou les derniers de cordée : je crois qu’il faut surtout parler à nouveau aux Français comme à un seul peuple. Car c’est l’objet même de la politique : faire un être collectif à partir d’êtres singuliers. Les Français sont un grand peuple politique : plus on leur sert des discours catégoriels, moins ils se rendent aux urnes. La politique des clientèles abîme tout parce qu’elle promet tout.

Comment s’adresser aux militants LR comme au reste de la droite ?

En parlant clair plutôt qu’en parlant fort. Les militants comme les sympathisants n’attendent pas qu’on en fasse trop : ils veulent seulement être sûrs que nous ferons demain ce que nous disons aujourd’hui.

Le président de LR a-t-il vocation à être candidat à la présidentielle ?

Dans cette élection, je suis candidat pour refonder mon parti, pas pour présider le pays. Avec les militants, je veux bâtir ce grand parti de droite, populaire et patriote, qui manque aujourd’hui à la France.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

L’article Bruno Retailleau : « Je serai candidat à la présidence des Républicains » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Rentrée des Jeunes Républicains – discours d’Annie Genevard

Rentrée des Jeunes Républicains – discours d’Annie Genevard

Seul le prononcé fait foi

Chers amis,

Permettez-moi d’abord de féliciter les Jeunes Republicains et leur président, cher Guilhem, pour avoir su mobiliser près de 700 jeunes à ce campus de rentrée. Avec Christian Jacob nous avons eu raison de vous faire confiance.

Je tiens à remercier aussi Théo, Charlotte, Tristan, et tous ceux si nombreux qui ont travaillé au succès de ce rendez-vous qui constitue la rentrée politique des républicains, excusez du peu ! Vous faites l’événement, bravo et merci ! Applaudissons-les car ils ont vraiment bien bossé tout l’été.

Merci d’avoir associé à vos travaux les responsables de notre Mouvement lors de tables rondes très studieuses et notamment Eric, Michel, Philippe qui ont nourri si puissamment le débat dès le Congrès de 2021 et qui ont confirmé ici leurs compétences.

Valérie PECRESSE ne sera pas parmi nous aujourd’hui mais elle m’a demandé de vous transmettre ce message :
« Si elle n’a pas réussi à vous mener à la victoire, elle n’oubliera jamais ce qu’elle doit à votre engagement, votre fidélité, votre courage. Pendant la présidentielle vous aviez 20 ans et vous étiez devant ! Les convictions que vous défendez sont belles. Ce sont celles du General de Gaulle, de Simone Veil. Vous pouvez en être fiers. Tout redémarre ici à Angers et son cœur est avec vous ».

Merci à nos présidents de groupe, Olivier, Bruno, François-Xavier, avec lesquels je travaille régulièrement et dont j’apprécie le sérieux et le talent. Merci à Aurélien, notre secrétaire général, qui alimente le suspens.

Ce qui me réjouit, c’est que vous croyiez aux valeurs de notre famille politique ! Et vous voulez peser sur l’avenir de notre pays !

En un mot, vous croyez en l’avenir ! Comme vous avez raison !

Ceux qui prétendent être les défenseurs exclusifs de la planète ne croient pas en l’avenir. Il suffit de les écouter. Ils nous promettent l’apocalypse écologique. Il n’y aurait plus rien à faire. Mais ils briment quand même nos libertés pour une cause qu’ils déclarent déjà perdue.

Le chef de l’Etat, lui, promet la fin de l’abondance, de l’insouciance et des évidences ! Il nous promet du sang et des larmes. Mais franchement, n’est pas Churchill ni de Gaulle qui veut. De Gaulle et Churchill avait une vision de l’avenir ! Emmanuel Macron navigue à vue. Cette incapacité à penser l’avenir éclate avec la question énergétique. L’affaiblissement de la filière nucléaire révèle aujourd’hui ses conséquences délétères.

Cette indécision et cette imprévoyance au sommet de l’Etat nourrit le dégoût des jeunes pour la politique. À force d’entendre que la planète est fichue et à force de constater que les politiques n’ont aucun pouvoir, à quoi bon s’engager ou voter, se disent-ils, puisque tout – c’est-à-dire le pire – est déjà écrit.

Vous ne faites pas partie de ces désabusés ! Car vous êtes les jeunes Républicains !

Notre discours n’est ni décliniste, ni hésitant, notre discours est un discours de courage et d’espoir parce que nous, les Républicains, nous croyons en l’avenir, parce que nous avons foi en la France. Nous croyons à un certain génie français pour surmonter les crises, pour inventer des solutions, pour préserver notre identité.

Nous en sommes tous conscients. Nous avons devant nous des défis cruciaux pour notre pays : explosion des prix et risque de coupures d’électricité cet hiver ; hausse de plus de 11% des prix alimentaires ; pénurie d’enseignants ; réchauffement climatique ; système de santé à bout de souffle…

Nous n’avons pas le droit de laisser le pouvoir continuer à perdre du temps ! Nous savons où nous voulons aller : rebâtir une société fondée sur le respect de l’autorité, le mérite, le travail, la solidarité et la liberté.

Voilà ce que nous souhaitons tous ici réunis !

Emmanuel Macron a un don pour la procrastination : il a une manie pour multiplier les comités Théodule pour réfléchir, concerter, et réfléchir encore, et en définitive esquiver ses responsabilités. Quand on a une majorité si peu cohérente, on ne décide pas, quand on veut satisfaire et les uns et les autres, on ne décide pas. Le « en même temps » est un leurre, une impasse et une faute au regard des défis immenses de notre pays. Il se paie au prix fort de l’inaction et du renoncement. « On ne va pas au vrai par des chemins obliques » disait Victor Hugo.

Le 2 août dernier marquait les 100 jours de son second mandat. Pourquoi est-ce passé totalement inaperçu ? Parce qu’il ne s’est presque rien passé.

Après le Grand débat, les cahiers de doléances, les conventions citoyennes et les multiples états généraux de son premier mandat, Emmanuel Macron croit avoir trouvé une nouvelle parade : le Conseil national de la refondation.

Il ose évoquer le CNR du général de Gaulle et de Jean Moulin. Je trouve indigne de comparer son gadget politico-médiatique avec le Conseil national de la Résistance qui a fédéré tout ce que notre pays comptait de héros pour jeter les fondations de la France d’après-guerre. Il est à mes yeux impossible de confondre ce qui est constitutif de notre identité avec ce qui a tout l’aspect d’une manœuvre politicienne destinée à contourner l’un des piliers de notre Constitution qu’est le Parlement.

Les Français ont librement décidé de priver le président de la République de majorité à l’Assemblée nationale. Ils ont démocratiquement décidé d’y élire des représentants de toutes les sensibilités politiques. Mais Emmanuel Macron n’a pas entendu le message des Français. Le débat démocratique est essentiel à la démocratie. Il veut le contourner.

Mais que cela soit dit : il va pourtant être obligé d’entendre l’opposition, et en particulier l’opposition de droite. Parce que nos solutions sont concrètes et applicables. Ce président ne va plus pouvoir se contenter de nous paraphraser. Il va devoir passer aux actes. Il va devoir admettre que nos propositions correspondent à ce dont le pays a besoin. Et les mettre en œuvre. Maintenant.

Que les choses soient claires : nous ne sommes pas les supplétifs de sa majorité, nous sommes une opposition utile, forte d’un projet alternatif. Nous ne nous vociférerons pas sur les bancs de l’Assemblée sans rien obtenir pour les Français ; nous faisons tout pour que nos propositions soient transformées en actes dès maintenant. Parce que les Français ne peuvent plus attendre.

C’est pourquoi avec le Président du Sénat j’ai mis en place dès mon arrivée à la présidence du parti une coordination parlementaire avec les présidents de groupe. Cette coordination a porté ses fruits en juillet. Notre action commune a été entendue.

La défiscalisation des heures supplémentaires, c’est nous. La conversion des RTT en salaire, c’est nous. La réduction de 30 centimes des taxes sur les carburants, qui soulagera la France qui travaille, c’est nous.

Je l’ai dit, nous portons un véritable projet alternatif responsable. Un projet de gouvernement. Cela suppose un impératif de responsabilité. Aucun dirigeant, je dis bien aucun dirigeant responsable ne peut prétendre gérer le budget de l’État par la dette. C’est un point de désaccord majeur avec le gouvernement. Nous sommes les seuls à tirer la sonnette d’alarme depuis des années sur le niveau de la dette et la dérive des dépenses publiques qui doivent être réduites. Il n’y a pas d’autre voie possible. « Les comptes en désordre sont la marque d’un peuple qui s’abandonne » disait Pierre Mendès France.

Je doute que Madame Borne qui se réclame de la gauche soit miraculeusement touchée par la grâce de la responsabilité budgétaire. Pas plus qu’Emmanuel Macron. Aucun d’eux n’a jamais voulu réduire la voracité d’un état toujours plus dépensier.

Pourquoi voterions-nous un budget, même si nous parvenons à le corriger, si nous n’adhérons ni au projet ni à la méthode d’Emmanuel Macron.

Je n’oublie jamais sa meilleure alliée : Marine Le Pen. 2012, 2017, ces deux-là prennent l’habitude d’une confrontation qui tourne invariablement à l’avantage de Macron. Pourquoi ? Parce que les Français sentent bien que Marine Le Pen est une réponse impuissante à une colère légitime.

Marine Le Pen flatte les passions mais n’apporte aucune solution.

Veut-elle ou non quitter l’euro ? Veut-elle ou non rembourser la dette ? Veut-elle ou non sanctionner la dictature de Vladimir Poutine et son agression contre l’Ukraine ?

Et quelle est sa vision de l’économie ? Dépenser encore davantage que le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron !

Marine Le Pen incarne un vote de colère ou de déception, mais elle n’incarne aucune alternative.

L’alternative, c’est nous ! Notre responsabilité est donc immense et les candidats à la présidence de notre mouvement ne doivent jamais l’oublier !

Ce qui nous rassemble est infiniment plus fort que ce qui est supposé nous séparer. J’entends le projet d’Éric. J’entends le projet de Bruno. J’entends le projet d’Aurélien ou celui de Serge Je les respecte et je vois avant tout ce qu’ils ont en commun.

Personne chez les Républicains ne conteste la nécessité de limiter l’immigration. Pas plus qu’aucun d’entre nous ne se satisfait de l’inapplication des peines et de l’explosion de la délinquance.

Chacun, dans notre famille, est attaché à la solidarité envers les plus faibles. Les handicapés doivent être soutenus. Les femmes, les enfants et parfois les hommes victimes de violences intra-familiales doivent être mieux défendus. Qui s’y oppose parmi nous ? Personne.

Et nous sommes tous d’accord pour dire que nos entreprises sont trop souvent privées de l’oxygène de la liberté, que les aides sociales ne sont pas un dû dont on profiterait au gré de son envie de travailler ou pas, mais une aide à ceux qui sont frappés par un accident de la vie.

À mes yeux, nous avons toujours l’essentiel en commun mais parfois certains expriment des priorités différentes. Veillons à ne pas en faire des combats de ligne.

Méritent-elles de se mesurer l’une à l’autre dans le cadre d’un Congrès ? En tant que présidente, je réponds que l’expression de chacun doit être respectée. Chacune de ces candidatures, comme toutes celles qui se déclareront dans le respect des règles, pourront s’exprimer. C’est notre richesse et notre identité républicaine : nous chérissons le débat démocratique.

Tout au long de son histoire, la droite n’a jamais été monolithique. Il y a eu une droite légitimiste, orléaniste ou bonapartiste au XIXe siècle. Leurs sensibilités n’ont pas disparu au XXIe, mais l’histoire nous apprend que nous gagnons toujours quand nous savons les marier.

À la place qui est ou qui sera la mienne, je veillerai à ce que le débat qui s’ouvre ne nous divise pas, mais qu’au contraire, il nous enrichisse. Je sais que les candidats ont à cœur également de faire avancer le parti.

J’en viens à une question qui m’est chère, moi qui ai exercé à peu près toutes les fonctions dans ma fédération aussi bien qu’à la direction du parti, et je veux en remercier Laurent qui m’a mis le pied à l’étrier, c’est le rôle du parti, de ses élus et de ses militants.

Jusqu’à présent, le parti était dirigé par celui qui espérait logiquement porter ses couleurs à la fonction suprême. Ce n’est plus le cas.

Nous connaissons ceux qui dans nos rangs ont manifesté leur intérêt pour la présidentielle de 2027. Ils souhaitent tisser un lien avec les Français. C’est la logique de la Cinquième. Mais aucun d’entre eux n’a souhaité prendre la présidence du mouvement aujourd’hui. Nous devons donc nous interroger sur le rôle du parti dans ce contexte général.

Nous savons tous aussi que pour gagner une présidentielle, outre ce lien personnel avec les Français, il est indispensable d’avoir un mouvement politique derrière soi et même de l’avoir dirigé.

C’était le cas des deux finalistes du second tour en 2017 : Macron et Le Pen. C’était le cas des 3 premiers arrivés en tête cette année. Et si ces 3 là abandonnent la présidence de leur formation, officiellement, ils en restent les maitres à penser.

Pourtant, les partis ne peuvent plus se contenter d’être des écuries présidentielles.

Nous vivons dans une société où la politique est constamment dévaluée et où les acteurs politiques sont déconsidérés. Dans les médias, dans les émissions de divertissement, dans la production culturelle, la politique est la plupart du temps présentée sous un angle négatif.

Les jeunes générations (je ne parle pas de vous, les jeunes Républicains !) … Les jeunes ne voient plus que des caricatures de la politique.

Je vous demande d’être lucides. Pensez à vos amis qui ne sont pas investis en politique comme vous. Avec lesquels vous ne parlez jamais politique.

Un jeune âgé de 25 ans aujourd’hui, quel âge avait-il en 2012 quand nous avons quitté le pouvoir national ? en 2012, il avait tout juste 15 ans. Que sait-il de la droite en réalité ? ce que lui en disent les réseaux sociaux. Je ne vous fais pas de dessin ! Ils ne pensent pas du bien de nous.

Mais nous devons être lucides et sans complaisance avec nous-mêmes. Nous devons poser cette question, même si elle est cruelle. Aujourd’hui, les idées de la droite et du centre sont majoritaires. Mais quel est le parti qui incarne ces idées ? Les médias nous disent que c’est Macron, et même Le Pen quand ils ne nous disent pas déjà morts ! mais nous ne sommes pas à vendre à la découpe et même si nous sommes affaiblis, nous sommes bien vivants !

Notre rôle, en tant que mouvement politique, n’est donc pas uniquement de réidentifier la droite et le centre à notre formation politique, il est aussi de former les consciences à la réalité de l’action publique.

Les partis ne peuvent plus vivre repliés sur leurs militants pourtant si dévoués et précieux. Nous devons nous ouvrir à ceux qui doutent de la politique. Nous devons créer des lieux de rencontres autour des idées, avec des élus mais aussi des intellectuels, des experts, des chercheurs. Pas uniquement pour convaincre, mais pour favoriser la réflexion politique. Je prendrai très prochainement des initiatives en ce sens.

Le non-cumul des mandats a bouleversé l’organisation de nos structures. Le député maire ou le sénateur maire qui siégeait au sein de nos instances de direction a perdu ce double engagement. Chacun le reconnait, y compris parmi les promoteurs de cette loi. Nous y reviendrons peut-être. Mais dès maintenant, nous devons réduire la fissure qui est en train de se creuser entre les élus locaux et nationaux. Nous sommes moins exposés que d’autres, c’est vrai, mais nous devons prendre garde à ce phénomène.

Un dernier mot. Je vais être brève car c’est un sujet sur lequel je reviendrai dans les prochaines semaines. Mais vous êtes encore plus concernés que d’autres.

Je veux parler des femmes. Nous assistons à la montée d’un féminisme excluant, pour lequel l’avenir des femmes serait dans la revanche vis-à-vis des hommes.

Ce n’est pas ma vision. Je défends la femme républicaine définie par notre devise : liberté, égalité, fraternité. La femme républicaine est libre, égale à l’homme, elle n’est pas son adversaire. Cette conception, j’en suis persuadée, est celle de la majorité des Françaises, et notamment des jeunes femmes.

Je vous encourage à vous investir sur cette question comme je compte le faire moi-même. Pas de renouvellement des pratiques dans notre Mouvement sans les femmes ! ne l’oublions pas !

Vous le voyez, cette rentrée est riche de promesses. Un travail et des débats passionnants nous attendent. Nous avons deux ans devant nous avant les élections européennes pour tirer profit de ces débats. Sachons le faire en préservant notre unité. C’est la condition de notre avenir.

Vivent les Républicains !
Vive la République !
Et vive la France !

L’article Rentrée des Jeunes Républicains – discours d’Annie Genevard est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Annie Genevard : « De l’utilité des partis »

Annie Genevard : « De l’utilité des partis »

Les différents scrutins de 2022 confirment le manque d’intérêt suscité par les partis. La députée du Doubs et présidente par intérim des Républicains analyse ce bouleversement politique et appelle les Républicains à en tirer toutes les conséquences.

La présidentielle de 2017 devait sonner le glas des partis politiques, jugés obsolètes face à la modernité qui allait désormais prévaloir dans la vie publique. Pourtant, ces formations existent toujours. Mieux, elles se multiplient, y compris au sein de la majorité qui les reniait.

Les partis sont toujours indispensables à la démocratie. Admettons cependant qu’ils doivent évoluer. La question se pose particulièrement aux Républicains puisqu’aucun de ceux qui dans nos rangs ont déjà manifesté leur intention présidentielle pour 2027 n’a souhaité prendre les commandes du parti. L’émergence du leader ne se construit plus en interne.

Peut-on en conclure à l’inutilité de ces formations politiques ? Ce serait une erreur. Car en 2022, malgré le désaveu apparent des partis, les finalistes du second tour avaient bien présidé leur formation politique jusqu’à leur candidature. Et même s’ils prétendent avoir pris de la hauteur, ils tiennent toujours à y conserver leur influence. Qu’est-ce qui a changé depuis 2017 ?

Désormais, il y a deux façons d’organiser un parti politique. Il peut être créé ex nihilo par et pour son chef, comme l’a fait Emmanuel Macron. Il peut être entièrement remodelé par sa patronne, comme Marine Le Pen. Dans les deux cas, ses membres s’adaptent à l’ambition et au discours de leur leader. Leur doctrine n’est jamais inscrite dans le marbre. Elle fluctue au gré des émotions de l’électorat sans s’inscrire dans une histoire commune. Emmanuel Macron a été contre puis pour le nucléaire. Marine Le Pen a dénoncé l’Europe, l’euro, avant finalement de s’y résoudre. Ce type de parti ne fédère pas des idées, mais des ambitions électoralistes. Il encourage le fait du prince. Il n’est pas destiné à vivre plus longtemps que la carrière de son initiateur.

La seconde façon d’organiser un parti est de le concevoir comme le rassemblement d’une famille soudée autour des valeurs constitutives de son identité. Il est dépositaire d’une histoire et de principes qu’il est chargé de transmettre aux générations futures. Il s’appuie sur un cadre idéologique au sein duquel s’expriment différentes priorités. Plutôt que l’émotion, il privilégie l’expérience et la réflexion pour répondre aux enjeux du moment tout en restant fidèle à ses principes. Quel que soit son leader, il inscrit son action dans une cohérence politique qui dépasse sa personne.

Les Républicains font partie de la deuxième catégorie. Notre mouvement est avant tout fidèle à une vision de la France. La transmission aux générations futures de notre patrimoine, de notre histoire, de notre identité, de notre qualité de vie et de nos valeurs est un principe fondateur.

Pour autant, pouvons-nous continuer à organiser notre vie commune comme si rien n’avait changé ? Plusieurs réalités doivent être considérées avec lucidité.

Alors que les idées de droite sont majoritaires en France, l’opinion ne sait plus qui les porte. Est-ce Emmanuel Macron qui s’approprie certaines de nos mesures au gré du vent de l’opinion ? Est-ce Marine Le Pen qui utilise les manœuvres du président pour le prétendre tout en cachant les incohérences de son discours ? Nous, les Républicains, nous savons bien que ni l’un ni l’autre ne portent notre histoire.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils s’entendent tacitement pour essayer de nous détruire. Ils ne font que détruire la politique en général. La progression de l’abstention en témoigne, tout particulièrement chez les moins de trente ans, qui depuis qu’ils ont vingt ans n’entendent que cette musique destructrice alors qu’ils n’ont pas vraiment connu la droite aux responsabilités.

Notre organisation est restée la même, alors que la structuration de la vie politique a changé. Elle est davantage soumise au temps éphémère des médias. Elle dissocie l’action locale et l’action nationale qui ne sont plus de la responsabilité des mêmes acteurs. C’est l’une des conséquences du non-cumul des mandats. Cette loi anti-cumul promue par l’émotion que nous contestions et dont nous voyons les anciens promoteurs avouer qu’à la réflexion, cette disposition a produit l’inverse de ce qu’ils espéraient.

Dans ce contexte, nous devons aussi nous interroger sur le rôle des militants. Ne sont-ils que des titulaires de cartes que nous appelons à voter pour désigner leur candidat ou leur chef ? Certainement pas ! Avec les élus locaux, chacun d’entre eux est l’ambassadeur de notre famille politique. Ils doivent être davantage impliqués dans nos instances dirigeantes. Si la décentralisation est une bonne chose pour le pays, elle doit aussi être organisée au sein de notre appareil.

Nos principes d’action n’ont pas changé. Nos convictions ont gagné du terrain. Une majorité de Français souhaite que l’immigration soit maîtrisée et s’inquiète de voir que beaucoup trop d’immigrés ne partagent pas nos valeurs, selon l’étude Fondapol publiée par Le Figaro . Nos compatriotes souhaitent que davantage de liberté soit donnée aux entreprises et que l’État exerce moins de contrôles. Ils sont bien conscients que notre système éducatif est en panne et doit être revu de fond en comble. Nous prônons ces réformes depuis plus dix ans. Les idées de droite sont majoritaires en France, et pourtant, nous devons admettre que les Français ne pensent pas spontanément à notre formation politique quand ils pensent à la droite.

Nous ne devons surtout pas douter de nos idées ni des solutions que nous proposons. Mais nous devons obligatoirement nous interroger sur la façon dont notre mouvement les exprime. Ce travail doit être effectué par nous tous, militants, élus, dirigeants. Nous devrons ensuite proposer un mode de fonctionnement et d’organisation qui réponde aux vérités désagréables que nous devons affronter sans tabou. Nous avons devant nous deux années sans aucune élection nationale au suffrage universel direct. Nous avons le temps d’accomplir cette mue tous ensemble. La désignation du nouveau président de notre mouvement en est l’occasion inespérée.

>> Lire la tribune sur LeFigaro.fr

L’article Annie Genevard : « De l’utilité des partis » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Bruno Retailleau : « Stop au « en même temps » mémoriel »

Bruno Retailleau : « Stop au « en même temps » mémoriel »

La visite du chef de l’État en Algérie a montré une nouvelle fois les limites de ce mantra.

Pas un mot ! En se rendant à Oran la semaine dernière, Emmanuel Macron n’a pas eu un mot sur le massacre du 5 juillet 1962, au cours duquel 700 Européens ont été froidement assassinés par le FLN. Ce massacre, le président l’avait pourtant évoqué voilà quelques mois à l’Élysée, devant les représentants d’associations de Français d’Algérie.

Mais sur le lieu du crime, Emmanuel Macron n’a pas voulu. Ou pas osé, ce qui est pire encore. Car le silence présidentiel est une nouvelle preuve que le « en même temps » mémoriel est tout à la fois humiliant, injuste et dangereux pour la France.

Humiliant parce qu’à Oran et malgré sa prudence, Emmanuel Macron a été hué. À travers lui, c’est la France qui a été insultée. La France, dont le ministre du Travail algérien avait dit, en avril 2021, qu’elle était un « ennemi éternel et traditionnel » de l’Algérie. Pourtant, Emmanuel Macron aura tout fait pour complaire aux autorités algériennes. Il a multiplié les gestes de « reconnaissance », qu’il s’agisse de la mort d’Ali Boumendjel ou de celle de Maurice Audin. Il a même poussé la repentance jusqu’à l’indécence en évoquant, dès 2017, de soi-disant « crimes contre l’humanité » commis par la France en Algérie.

Mais cela n’aura pas suffi. Au contraire : plus la France bat sa coulpe, plus le pouvoir algérien bat des records de provocation antifrançaise. Ce doit être une leçon : à cultiver la honte de soi, on ne récolte que la haine des autres.

La vérité, c’est que les anciens caciques du FLN ne veulent pas d’un acte de réconciliation franco-algérien : ils veulent un acte de contrition français. Ils se moquent bien de faire toute la lumière sur le drame et les complexités d’une époque qui connut sa part d’ombre et sa part de lumière. Ils veulent imposer une vision de l’histoire à sens unique : l’Algérie était la victime et la France, son bourreau. Du reste, alors qu’Emmanuel Macron a annoncé l’ouverture des archives françaises, l’Algérie s’est-elle engagée clairement et formellement à ouvrir les siennes ? Nous attendons des actes. Combien de temps encore la France sera-t-elle l’otage de cette surenchère mémorielle qui permet aux autorités algériennes de masquer leurs échecs ?

À l’humiliation s’ajoute l’injustice. Injustice pour la France, car d’autres puissances ont, avant elle, colonisé l’Algérie : qui évoque aujourd’hui sa colonisation par les Ottomans et l’esclavage pratiqué à grande échelle pendant près de quatre cents ans ? Mais injustice, aussi, pour tous les Français tombés en Algérie. Car si à Oran, Emmanuel Macron n’a pas évoqué les populations martyrisées par le FLN, il s’est en revanche rendu à Alger au Mémorial des Martyrs algériens pour y déposer une gerbe. Les harkis et les pieds-noirs, que le président a reçus voilà seulement quelques mois, auront sans doute apprécié…

L’injustice est bien le fruit de cette politique macronienne qui sous couvert de dire la vérité est toujours à deux poids, deux mesures. Esprit de vérité tout relatif, en effet, quand le président de la République décide de confier un rapport sur la colonisation à Benjamin Stora, réputé pour sa partialité et sa complaisance à l’égard du FLN. Est-ce à cet historien très engagé qu’Emmanuel Macron envisage de confier le pilotage de cette nouvelle commission d’historiens français et algériens ? Si tel était le cas, ce serait une nouvelle provocation à l’égard de nos compatriotes pieds-noirs et harkis. Et une nouvelle illustration que rien de bon pour la France ne sortira de l’obsession mémorielle que nourrit Emmanuel Macron sur la guerre d’Algérie.

Car le premier devoir d’un président de la République, c’est de préserver l’unité française. Or, à souffler le chaud et le froid comme il le fait sur le drame algérien, à évoquer de supposés crimes de la France pour en suite mettre en cause la rente mémorielle utilisée par Alger, Emmanuel Macron ne reconcilie pas, il divise ; il n’apaise pas il excite.

La blessure algérienne est encore vive et le président de la République ne cesse d’en gratter les plaies. Cette attitude est irresponsable. Souvenons-nous : il y a déjà plus de vingt ans, lors du match France-Algérie, des milliers de supporters brandissant des drapeaux algériens avaient sifflé la Marseillaise et envahi la pelouse, au point que Thierry Henry avait dit : « C’était une rencontre à l’extérieur. »

Or, la France de 2022 est encore plus morcelée qu’elle ne l’était en 2001. Depuis, le communautarisme a gagné du terrain et l’islamisme, des quartiers entiers. Cet islamisme, nous les avons, a intégré la guerre d’Algérie comme un élément majeur de son récit antifrançais, qui structure et nourrit la haine de la France dans le cœur de milliers de jeunes habitants de nos quartiers. En jouant avec le feu mémoriel, Emmanuel Macron prend le risque inconsidéré de propager la guerre civilisationnelle. Dans le contexte actuel, ce n’est même plus une faute, c’est une folie.

>> Lire la tribune sur ValeursActuelles.com

L’article Bruno Retailleau : « Stop au « en même temps » mémoriel » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
Gérard Larcher : « Il ne peut y avoir de contournement du Parlement »

Gérard Larcher : « Il ne peut y avoir de contournement du Parlement »

Gérard Larcher, président du Sénat, qui ne participera pas au Conseil national de la refondation, met en garde contre la verticalité du pouvoir.

Emmanuel Macron avait annoncé une nouvelle méthode de gouvernance. Il a prévu un conseil de défense vendredi sur les questions énergétiques. Est-ce un bon signal ?

Ne repartons pas sur ce système des conseils de défense comme nous les avons déjà eus pendant la crise du Covid. Les Français ont déjà beaucoup souffert de cette verticalité du pouvoir. J’ai proposé au président de la République comme à la première ministre qu’à l’inverse du quinquennat précédent, on échange davantage en amont sur les sujets. Ensuite, il appartient au Parlement de délibérer, d’amender, de voter. Il ne peut y avoir de contournement du Parlement.

Vous avez décidé de ne pas participer au Conseil national de la refondation. Stanislas Guerini juge cette attitude « irresponsable ».

Emmanuel Macron et moi avons prévu de nous voir régulièrement, encore faut-il qu’il m’entende ! Je lui ai dit le 22 juillet que je ne participerai pas au Conseil national de la refondation ; il ne peut y avoir d’étonnement à ma lettre du 26 août. Je partage l’inquiétude du chef de l’État quant à la crise démocratique que nous traversons. Je pense que le sentiment d’abandon dans les zones rurales et périurbaines, que la perte de souveraineté dans des domaines essentiels, et que le décalage entre les promesses et les politiques menées sont trois des facteurs qui expliquent cette crise. Les Français attendent de l’action, du concret, des résultats. Les mécanismes de démocratie participative peuvent contribuer à éclairer la représentation nationale, mais en aucun cas ils ne peuvent s’y substituer. On a voté sur proposition du gouvernement précédent, initiée par le chef de l’État, une réforme du Conseil économique, social et environnemental pour faire de cette assemblée « le carrefour des consultations publiques ». Et voilà qu’on invente un machin supplémentaire ! Ce n’est pas la bonne démarche pour reconstruire la confiance.

Les élus s’inquiètent de voir les ordonnances se multiplier. Vous aussi ?

Je l’ai clairement dit à la première ministre: on ne peut pas continuer comme avant. 50 % des lois du précédent quinquennat ont été adoptées par ordonnance. Moins de 20 % d’entre elles ont été ratifiées ! Il n’y a plus de majorité aujourd’hui pour faire cela.

« Fin de l’abondance », « plan de sobriété »… Comment accueillez-vous ces déclarations de l’exécutif ?

On ne peut plus nier l’effet du réchauffement climatique. Ce discours alarmiste de rentrée contredit le discours rassurant du printemps. Nous sommes visiblement passés en deux mois de « l’espérance » à la fin de « l’insouciance », ce qui interroge sur l’absence de vrai débat pendant l’élection présidentielle. Nous rentrons dans un moment de vérité alors que nous allons connaître la plus grande crise énergétique depuis 1973. Les Français n’ont pas totalement pris conscience des coûts réels comme des réalités de la crise ; c’est une des conséquences du bouclier tarifaire. Ça ne pourra pas toujours être indolore. Si nous en sommes là, c’est dû à l’attitude des Russes, mais aussi à nos mauvais choix depuis dix ans. Nous payons aujourd’hui notre désengagement de la filière nucléaire pour avoir cédé aux antinucléaires. Nous devons développer les énergies renouvelables, tout en réinvestissant massivement dans le nucléaire. Seule cette énergie décarbonée pourra assurer notre indépendance, et limiter nos émissions de carbone tout en traitant la sûreté et le traitement des déchets. Bien sûr, dans l’immédiat, nous devons tous être des citoyens responsables. J’ai demandé à la questure du Sénat qu’on nous propose des mesures pour faire de réelles économies. Nous devons nous aussi donner l’exemple.

Le prix de l’énergie sur le marché n’a jamais été aussi fort. Appelez-vous le gouvernement à prendre de nouvelles mesures pour aider les Français ?

On a déjà mis 20 milliards d’euros ces derniers mois pour aider les Français. Vu l’état de nos finances publiques, il serait plus sage de passer à des mesures plus ciblées en direction des plus modestes. Mais il y aura quand même un rendez-vous de la vérité sinon « le quoi qu’il en coûte » et « le quoi qu’il advienne » vont mal se terminer! Le débat au Parlement sur l’énergie en octobre sera très important. Outre les mesures ciblées, nous devons encourager des modes de fonctionnement différents. Notamment en matière de transport pour aider ceux qui n’auront pas d’autre choix que de prendre leur voiture. Si l’on veut éviter le retour des « gilets jaunes », traitons les Français comme des adultes. Enfin, au lieu de proposer de réglementer, interdire ou punir, je préfère encourager l’innovation comme le fait Airbus en projetant de faire voler un A 380 grâce à l’hydrogène vert. L’innovation sera une des réponses à l’urgence climatique.

Élisabeth Borne a annoncé un fonds de 1,5 milliard d’euros d’aide aux collectivités pour les aider dans la transition énergétique. Est-ce un « gadget » pour reprendre votre terme ?

C’est la prise de conscience que c’est d’abord au niveau des territoires que se construiront les politiques de maîtrise de l’énergie. Avec notamment la question de la définition d’un budget vert. C’est une démarche que nous sommes prêts à partager.

Un autre projet arrive au Parlement, celui sur la sécurité porté par Gérald Darmanin. Qu’en attendez-vous ?

Les chiffres sont là, la situation s’est dégradée de mai à juillet: rodéos urbains, règlements de comptes, hausse des violences. C’est bien que Gérald Darmanin se démultiplie sur le terrain, mais ce serait encore mieux s’il obtenait des résultats. 75 % des Français jugent négatif le bilan d’Emmanuel Macron en matière de sécurité. Comment pourrait-il en être autrement après les différents événements des derniers mois ?

Regrettez-vous que ce texte n’aborde plus les questions d’immigration ?

Oui, j’espère que ce volet ne va pas être reporté trop loin. Nos capacités d’intégration et d’assimilation sont saturées. Nous devons préserver le droit d’asile, mais il faut empêcher qu’il soit détourné. Sur cette question la présidence française de l’Union européenne a été un échec.

Élisabeth Borne ne s’interdit pas de taxer les superprofits des entreprises. Va-t-elle trop loin pour vous ?

Je suis extrêmement réservé sur le sujet. Difficile de taxer une entreprise qui fait ses bénéfices à l’étranger, de plus il peut y avoir un problème constitutionnel. On a enfin intérêt à la stabilité fiscale pour conserver des entreprises de taille mondiale.

Le budget va être examiné dans les prochaines semaines avec, selon Gabriel Attal, un taux de croissance de 1,4 %, une inflation à 3,7 % et des déficits contenus. Est-ce réaliste ?

Nous sommes toujours dans une trajectoire d’augmentation non financée de la dépense. Je ne partage pas les propos de M. Attal quand il évoque une normalisation budgétaire. Dans ce qu’il propose, les dépenses augmentent de 23 milliards. Certaines sont légitimes comme celles sur l’éducation, la sécurité, l’environnement. Mais on ne nous propose nulle part des pistes d’économies alors que parallèlement les rentrées fiscales (impôt sur les sociétés, TVA, impôt sur les revenus) ont augmenté de 27 milliards! Le gouvernement avait tous les éléments pour entamer une trajectoire vertueuse. J’observe que ce n’est pas le choix retenu par l’exécutif qui dépense tout alors même que les taux d’intérêt augmentent. Il faut examiner également le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. On va avoir besoin d’ici à 2025 de 30 milliards d’euros pour financer les retraites qui représentent 14 % du PIB. Nous n’avons pas d’autre choix que reporter progressivement l’âge du départ à la retraite vers 64 ans, accélérer la mise en œuvre de la durée des cotisations et assurer la convergence des régimes spéciaux sur dix ans.

Quelle devrait être la ligne à LR lors de l’examen du budget ?

Nous allons déjà l’examiner et on verra si le gouvernement utilise l’arme du dialogue ou celle du 49-3. Voter le budget détermine un soutien à la majorité. C’est une responsabilité politique.

Sur les premiers textes de la mandature, LR a voté avec le gouvernement. Comment ne pas apparaître comme un supplétif de la majorité ?

Notre préoccupation a été de répondre aux besoins immédiats et aux attentes des Français. Le gouvernement nous a écoutés sur la valeur travail, la défiscalisation des heures supplémentaires ou le rachat des RTT. Nous ne sommes ni supplétifs ni co-constructeurs.

Bruno Retailleau avance de plus en plus vers une candidature à la présidence de LR. Est-il l’homme de la situation ?

Il prendra sa décision définitive dans quelques jours, en conscience, après consultation de son groupe au Sénat. Moi qui travaille très bien avec lui, je ne vois aucune incompatibilité entre la présidence du groupe et la présidence des Républicains. Bruno Retailleau a toutes les qualités pour présider notre mouvement.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

L’article Gérard Larcher : « Il ne peut y avoir de contournement du Parlement » est apparu en premier sur les Républicains.

En savoir +
#thegov_button_69b56fdd998a2 { color: rgba(255,255,255,1); }#thegov_button_69b56fdd998a2:hover { color: rgba(238,49,36,1); }#thegov_button_69b56fdd998a2 { border-color: rgba(238,49,36,1); background-color: rgba(238,49,36,1); }#thegov_button_69b56fdd998a2:hover { border-color: rgba(238,49,36,1); background-color: rgba(255,255,255,1); } Aller au contenu principal