Compte-rendu de la réunion départementale de Lorient du 30 Avril 2026

La réunion départementale des Républicains du Morbihan, organisée à Lorient, a permis un échange politique approfondi autour de la situation nationale, de la ligne portée par Bruno Retailleau, de la préparation de l’élection présidentielle et du rôle que devra jouer la fédération dans les mois à venir.

Rappelons en préambule que cette réunion départementale a été organisée avec la présence de notre présidente, Muriel JOURDA, sénatrice du Morbihan, présidente de la commission des lois,

et de notre hôte, Christian LE DÛ, délégué de la 5ème circonscription, conseiller-délégué à Lorient, chargé de mission pour la 6ème circonscription,

L’ordre du jour de cette une double réunion était le suivant :

  • un point sur les enjeux nationaux suite à la désignation de notre président Bruno RETAILLEAU comme candidat des Républicains à l’élection présidentielle de 2027.
  • la préparation des élections internes avec  les réunions en circonscriptions, plus particulièrement dans la 5ème et 6ème circonscription, ainsi qu’un point sur les groupes de réflexion.
  • le meeting du 20 juin.

1. Intervention de Muriel Jourda

Muriel Jourda a rappelé que Les Républicains disposent désormais d’un cap plus clair, après plusieurs années durant lesquelles le mouvement avait, selon elle, trop souvent manqué de corpus idéologique et de positionnement lisible.

Elle a souligné que Bruno Retailleau incarne aujourd’hui une droite loyale, constante et courageuse, capable de porter un programme sincère, assumé et réellement de droite. Si son action ministérielle l’a naturellement conduit à s’exprimer fortement sur les sujets régaliens, elle a rappelé que son projet ne se limite pas à ces questions : natalité, travail, pouvoir d’achat, logement, démographie et autorité de l’État devront également structurer le projet présidentiel.

Muriel Jourda a insisté sur le rôle de la fédération : diffuser les idées, animer les circonscriptions, désigner des délégués actifs et faire vivre le débat militant. Elle a considéré que la période qui s’ouvre est exigeante mais porteuse d’un véritable espoir politique.

2. Stratégie présidentielle et clarté de la ligne

Alain-Michel Richer a rappelé que le seuil d’accès au second tour de la présidentielle pourrait être plus bas qu’auparavant, en raison de la multiplicité possible des candidatures. Dans ce contexte, une candidature forte de Bruno Retailleau peut ouvrir une fenêtre politique réelle.

Muriel Jourda a toutefois insisté sur un point essentiel : cette perspective ne doit pas conduire à une stratégie de calcul ou de compromis mou. La meilleure chance de la droite est de porter un programme sincère, clair, cohérent et assumé. Elle a mis en garde contre les ambiguïtés du centrisme et du « en même temps », qui ont selon elle affaibli la politique en supprimant la clarté de l’alternance.

L’objectif n’est donc pas de construire d’abord un programme édulcoré avec le centre, mais d’avancer avec un programme de droite solide, capable ensuite d’entraîner ceux qui voudront s’y rallier.

3. Candidatures internes

Muriel Jourda a confirmé à la question posée par le secrétaire départemental qu’elle faisait acte de candidature à la présidence de la fédération départementale des Républicains du Morbihan.

Christian Le Dû a également indiqué qu’il présenterait sa candidature comme délégué de circonscription pour la 5e circonscription.

Il faut noter la déclaration de candidature d’Olivier BADELON à la présidence de la fédération – déclaration adressée par mail dans l’après-midi à la Fédération du Morbihan et dont le secrétaire départemental n’avait pas pris connaissance en arrivant avec retard à cette réunion départementale.

D’ailleurs, avant le début de cette réunion, Olivier BADELON avait pu présenter largement sa candidature.

4. Échanges sur l’immigration, l’État de droit et la souveraineté

Une militante récemment arrivée de la région parisienne, installée à Quiberon, a exprimé l’attente forte d’un électorat de droite qui ne souhaite ni voter RN ni soutenir le bloc central, mais qui attend des Républicains une parole claire, notamment sur l’immigration.

Muriel Jourda a répondu en rappelant que l’immigration est un sujet complexe, mais qu’il exige de la volonté politique. Elle a évoqué les résultats obtenus par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur : baisse des naturalisations automatiques, hausse des éloignements, recul des régularisations et remise en cause de la circulaire Valls.

Elle a également insisté sur les obstacles juridiques : Conseil constitutionnel, Conseil d’État, Cour européenne des droits de l’homme, droit européen et conventions internationales. Selon elle, le droit s’est progressivement retourné contre la volonté démocratique des peuples. Cela impose une réflexion constitutionnelle profonde.

Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de redonner le dernier mot à la représentation nationale ou au peuple par référendum. Muriel Jourda a évoqué plusieurs pistes, notamment la modification de la Constitution et l’idée d’un « lit de justice » parlementaire permettant, à majorité qualifiée, de surmonter une censure du Conseil constitutionnel.

5. Pouvoir des juges et réforme institutionnelle

Le débat a ensuite porté sur le rôle des juridictions suprêmes. Plusieurs participants ont estimé que les juges exercent aujourd’hui une influence politique excessive.

Muriel Jourda a reconnu que le Conseil constitutionnel avait changé de nature : autrefois gardien limité de l’erreur manifeste d’appréciation, il pratique désormais des contrôles de proportionnalité très détaillés, qui reviennent souvent à substituer son appréciation à celle du législateur.

Elle a résumé l’enjeu par une formule forte : « Qui garde les gardiens ? » La question centrale est celle de la démocratie : il faut que ceux qui sont élus puissent réellement exercer le pouvoir, sans supprimer les garde-fous nécessaires à l’État de droit.

6. Décentralisation, État et collectivités

Un élu rural a plaidé pour que l’État se concentre davantage sur ses missions régaliennes, tout en donnant plus de compétences concrètes aux départements et aux régions.

Muriel Jourda a reconnu l’importance du terrain et la pertinence d’une meilleure déconcentration. Elle a toutefois rappelé que les précédentes vagues de décentralisation ont souvent conduit à un alourdissement de la fonction publique territoriale et à une complexification administrative, notamment avec les grandes régions et certaines intercommunalités.

Elle a insisté sur la nécessité de mieux calibrer les collectivités, de rapprocher les décisions du terrain et de sortir d’un centralisme excessif porté par une haute administration parfois trop éloignée de l’expérience concrète.

7. Travail, pouvoir d’achat et charges sociales

Un jeune participant, Thomas, contrôleur financier, a ouvert un échange précis sur la valeur travail. Il a notamment critiqué la proposition de défiscalisation ou d’exonération des heures supplémentaires, qu’il juge mal adaptée au fonctionnement réel des entreprises, où les heures supplémentaires sont souvent évitées car elles désorganisent la planification.

Il a proposé de poser plus directement la question du temps de travail : sortir du cadre des 35 heures, revenir à 37 heures payées 37, supprimer ou repenser les RTT, et rapprocher le salaire net du salaire brut.

Muriel Jourda a rappelé que le travail est ce qui crée la richesse, individuellement et collectivement. Elle a souligné que la droite doit réaffirmer cette vérité face à une gauche qui a longtemps valorisé le temps libre au détriment du travail. Elle a également reconnu l’intérêt de la remarque pratique formulée sur les heures supplémentaires et s’est engagée à la faire remonter.

L’échange a également porté sur le poids des cotisations, la différence entre salaire brut et salaire net, la solidarité, la retraite par répartition, la capitalisation et les limites culturelles françaises face à des solutions plus libérales.

8. Conclusion et suites

La réunion s’est conclue sur la nécessité de poursuivre les échanges dans les groupes de réflexion de la fédération, notamment sur le travail, le pouvoir d’achat, l’État, la souveraineté, l’immigration et les institutions.

Alain-Michel Richer a d’ailleurs invité les participants intéressés à rejoindre les travaux fédéraux dans les groupes de réflexions.

Cette réunion a confirmé l’existence d’une attente militante forte : une droite claire, courageuse, enracinée, capable de porter un projet national sans se dissoudre dans le centrisme ni céder à la facilité protestataire.

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